abbaye de la sarthe en 8 lettres

10ESAISON PHOTOGRAPHIQUE DE L'ABBAYE DE L' EPAU. Sorties Exposition photos. Date : du mercredi 15 juin 2022 au dimanche 06 novembre 2022. Adresse: route de Changé, Organisateur: Conseil départemental de la Sarthe. Ref annonce gratuite Exposition photos: 242369. L’Abbaye royale de l’Epau, aux portes du Mans, célèbre en 2022 la 10e Lettres Deuxième successeur de dom Guéranger à la tête de l' abbaye de Solesmes, dom Paul Delatte (1848-1937) a marqué de façon profonde et durable l'histoire de ce monastère. Par son enseignement très sûr et sa ferme autorité, il a favorisé et développé dans sa communauté et dans congrégation un idéal monastique authentique et Livre: Livre Eglises et Abbayes de la Sarthe de Duc De La Force, Baret, Comte D'Hebray Etcordonnie, commander et acheter le livre Eglises et Abbayes de la Sarthe en livraison rapide, et aussi des extraits et des avis et critiques du livre, ainsi qu'un résumé. Aufil des textes. Discours de J.P. Marat du jeudi 8 novembre 1792. En réponse aux accusations d’agitateur. 31 mai. « On m’accuse d’être un agitateur, un perturbateur du repos public. Vaines clameurs, répétées par des citoyens crédules, d’après les ennemis de la révolution. Madame Roland insultée par le Père Duchesne. Cartulairede la Roë. Le cartulaire de la Roë du XII e siècle est écrit en latin ; il n'existe pas de traduction en français. C'est un recueil des chartes (du latin carta), c'est-à-dire des actes les plus importants relatifs à la fondation, à la dotation et aux privilèges de l'abbaye ; il en comporte 244, allant de 1096 à 1190 environ. M me Marie Hamon-Jugnet en a fait l'édition Profil Sans Photo Site De Rencontre. Résumés La période de la guerre de Cent Ans est souvent considérée comme une période difficile pour l’abbaye de l’Épau, marquée par la destruction plus ou moins volontaire de l’abbaye dans les années 1360, suivie de sa résurrection au début du xve siècle. L’objectif de cette communication est de s’intéresser, au-delà du bâtiment lui-même, au contexte économique dans lequel s’inscrivent cette destruction et surtout cette reconstruction. A partir des sources de la pratique conservées essentiellement aux Archives départementales de la Sarthe, il s’agira d’étudier la gestion des ressources et du patrimoine de l’abbaye, leur organisation et leur rôle dans le rétablissement de l’abbaye au cours du début du xve siècle, dans un contexte politique et économique régional qui demeure troublé jusqu’au milieu du siècle et la fin de l’occupation anglaise. The Hundred Years' War has been presented as a period of difficulties for Épau Abbey, from the mysterious destruction of its buildings in 1365 to its complete resurrection in the middle of the fifteenth century. This paper proposes to place this destruction in the economic and social context of this period. Using the documents and archives of the Abbey now kept in the Archives départementales de la Sarthe, this paper analyses the management of the Abbey’s income and estates, its organisation and the role this management played in the restoration of the Abbey in a particularly difficult political and economic context. Haut de page Texte intégral 1 Le Paige date l’événement de 1361 Le Paige, André René, Dictionnaire topographique, historiq ... 2 En témoigne un compte de décimes, publié par Auguste Longnon. Il s’agit d’une taxe d’un vingt ... 1À l’origine de cette recherche et de cette communication, il y a une interrogation on connaît l’épisode célèbre et pourtant encore obscur de la destruction plus ou moins volontaire de l’abbatiale de l’Épau par les Manceaux en 1365, soucieux de ne pas offrir un point d’appui aux Anglais qui menacent la région ; puis de sa reconstruction à la fin du xive et au début du xve siècle, dans un contexte politique et économique pourtant difficile. Épisode curieux, car la destruction comme la reconstruction consécutive ne sont connues que par des sources indirectes. Même la date de cette destruction n’est pas connue avec certitude1, et on en est réduit à des suppositions pour dater les différentes phases de la reconstruction de l’abbatiale. Épisode d’autant plus surprenant que si l’abbaye a connu une fondation prestigieuse, elle demeure un établissement aux revenus modestes au regard des autres grands monastères de la province, loin derrière les grandes abbayes bénédictines mancelles Saint-Vincent, la Couture2. 3 Froger, Louis, L’abbaye de l’Épau du xiiie au xve siècle », Revue historique et archéologiq ... 4 Barrère, Jean, La Piété-Dieu de l’Épau, construction et aménagement d’une abbaye cister ... 5 Bernier, Jean-Yves, L’Épau une abbaye cistercienne, Paris, J. Delmas, 1988 ; Bréau, Jules, L’ ... 2Devant cette pénurie de sources, j’ai fait le choix d’une approche économique étudier l’organisation des domaines et les ressources d’une institution monastique majeure, leur importance, leur éventuelle réorganisation et leur influence dans la reconstruction à la fois des bâtiments et de l’institution, dans une période qui couvre la seconde moitié du xive et le xve siècle. Malgré sa célébrité, l’abbaye de l’Épau n’a pas fait l’objet de travaux récents les articles de Froger, Ricordeau et Ledru restent précieux3, mais datent de la fin du xixe siècle. L’étude de Jean Barrère4 date désormais de 1968 et reste une étude d’histoire de l’art s’intéressant davantage aux bâtiments et à l’évolution des formes qu’à l’histoire de l’établissement. Les quelques parutions destinées au grand public éditées à la fin du xxe siècle5 ne font que reprendre les grandes lignes de cette historiographie sans rien apporter de nouveau, de sorte que le champ d’étude paraît encore largement en friche. 6 Arch. dép. Sarthe, Fonds de l’abbaye de l’Épau, H 833 à H 925 inventaire en ligne sur le sit ... 7 Bibliothèque nationale de France, ms. occ., collection Gaignières, n° 205, Cartulaire de l’ab ... 8 Lottin, René-Jean-François, abbé éd., Chartularium insignis Ecclesiae Cenomanensis, quod dicitur ... 3La documentation mobilisée est d’abord celle conservée aux Archives Départementales de la Sarthe6. Les manuscrits de la Bibliothèque nationale de France7, et les fonds complémentaires de l’évêché et du chapitre, ainsi que les cartulaires des grandes abbayes mancelles n’ont apporté que des compléments épars8. L’Épau est une abbaye discrète on recense 260 documents environ pour la période qui va de sa fondation en 1229 à 1480, date de l’instauration de la commende dans l’abbaye, et date terminale choisie pour le présent dépouillement. Cette documentation est composée essentiellement d’actes de la pratique transactions, donations, baux. Soit une documentation maigre et aride, mais finalement révélatrice des pratiques de gestion de cette abbaye cistercienne tout au long des xive et xve siècles. Répartition chronologique de la documentation 4Cette documentation n’est pas répartie de façon homogène, comme le présente la figure 1. 9 Les données représentées rassemblent tous les actes conservés par l’abbaye de l’Épau et ceu ... Figure 1 – Répartition chronologique des actes conservés pour l’abbaye de l’Épau, 1229-14799 10 Cette moyenne haute est accentuée par l’importance de la première décennie ; si on en fait ... 5Cette représentation laisse transparaître tout d’abord l’importance toute particulière de la décennie 1229-1239. C’est la période de la création du domaine ; elle comprend de nombreux témoignages des acquisitions effectuées par la reine Bérengère en vue de la constitution du patrimoine initial de l’Épau. On constate ensuite un important hiatus de vingt ans sans aucun acte conservé 1345-1365 dans la documentation, en partie masquée par la représentation graphique, indiquant une première rupture dans le rythme de constitution des fonds. La première période 1229-1340 rassemble 189 actes, soit une moyenne d’un peu plus de dix-sept actes par décennies 17,1810. La seconde 1370-1480 compte 70 actes seulement, soit une moyenne d’un peu plus de six actes par décennie 6,36. Le rythme est nettement moins intense, même en faisant abstraction de la décennie 1230, particulièrement fournie. Entre les deux se trouve une période de trente ans 1340-1370, où l’on compte seulement six actes. On peut encore noter la présence d’un second hiatus des années 1410 aux années 1440, avec quatre actes conservés seulement, et aucun pour la période comprise entre 1414 et 1432. 6Cette chronologie est finalement sans grande surprise. La répartition révèle les différentes phases de la vie de l’abbaye, en lien avec les répercussions politiques et économiques locales et régionales. Se dessinent en particulier très nettement les deux périodes les plus difficiles de cette fin du Moyen Âge, où se conjuguent les épidémies de peste et les débuts de la guerre de Cent Ans pour la première, la reprise de la guerre et l’occupation anglaise du Maine pour la seconde. Chacune de ces périodes est suivie d’un phénomène de rattrapage. Assez net dans les années 1370, il ne dure guère et est suivi d’une longue période atone, avec un nouveau creux très marqué dans les années 1420-1440. 7Cette rupture dans la répartition chronologique des documents conservés s’accompagne d’une évolution très nette de leur nature de part et d’autre de la coupure déjà mentionnée dans les années 1340-1350. Tableau 1 – Répartition typologique des actes conservés par période Donations Achats Actes divers échanges, accords, confirmations Baux Transactions entre particuliers Total 1229-1349 43 46 41 4 57 191 22,5 % 24,1 % 21,5 % 2,1 % 29,8 % 100 % 1360-1479 8 3 11 44 7 73 10,9 % 4,1 % 15,1 % 60,3 % 9,6 % 100 % 11 C’est notamment le cas des séries H 833 et 111 AC 938 à 940 aux Archives départementales de ... 8La répartition de la documentation par type d’actes reste assez équilibrée pour la première période, où prédominent à parts égales achats, donations et actes divers, qui représentent les deux tiers de la documentation. On constate une très grande rareté des baux 2 % et une présence importante des transactions entre particuliers 29,8 %, soit près d’un tiers, catégorie la plus nombreuse. Cette première phase est très clairement celle de la constitution d’un patrimoine. La très forte proportion de transactions entre particuliers provient du fait que l’abbaye intègre dans ses archives, en même temps que certains biens, des documents anciens concernant ces biens nouvellement acquis, témoignant d’une volonté d’établir une traçabilité » des droits de propriété, de manière à couper court à toute contestation éventuelle. Les archives conservent notamment la trace de toutes les transactions de la reine en vue d’acquérir des domaines cédés au monastère lors de sa fondation11. C’est ce qui explique que les archives de l’abbaye, fondée en 1230, renferment des actes remontant à 1213, qui n’ont pas été comptabilisés ici. 12 Arch. dép. Sarthe, H 833. 13 Arch. dép. Sarthe, H 845. 9L’importance de la documentation du xiiie siècle s’explique donc en partie par cette période de fondation initiée par la reine Bérengère en 1229-1230, et qui se poursuit sur près d’un siècle. Bien qu’obéissant à la règle cistercienne, l’abbaye de l’Épau est une fondation plutôt tardive au regard de l’expansion de l’ordre. Elle prend place dans une région déjà très anthropisée, à proximité immédiate de la ville du Mans et de la route qui relie la ville à la métropole de Tours. Ces caractéristiques pèsent sur la constitution initiale du domaine dès le moment de sa fondation, le patrimoine de l’abbaye de l’Épau s’organise dans le cadre d’une économie seigneuriale constituée. Il est composé de terres déjà cultivées, sur lesquelles pèsent des cens et des contraintes seigneuriales. Dès sa fondation, l’abbaye s’insère donc dans le maillage dense des réseaux seigneuriaux. Dans les biens de la dotation initiale cédés par Berengère se trouvent par exemple différentes terres et rentes appartenant à Richard de Noers, de qui les religieux tiendront les terres, et sur lesquelles pèse un cens annuel de 16 deniers manceaux12. Un peu plus tard en 1290, pour les biens que l’abbaye de l’Épau avait reçus en donation de Simon de Perrehot et qui relèvent de la seigneurie d’Hugues, seigneur de la Ferté-Bernard, les religieux de l’Épau reconnaissent devoir rendre foi et hommage de ces biens au seigneur de la Ferté et qu’ils devront une paire d’éperons dorés de service à toute mutation de leur homme vivant et mourant » ; ils versent en sus une indemnité de 120 livres tournois13. 14 Dans la dotation initiale, Bérengère cède aux religieux les deux tiers de la grande dîme de ... 15 Tenebuntur insuper dicti capientes facere suis expensis les plesses garene dicti loci quo ... 16 Haies tressées. 10À la suite de la dotation initiale vient une série d’achats, acquisitions et donations diverses portant sur des dîmes, des cens, des biens métairies, tènements, vignes, rentes en vin, 1230-1250. Cette seconde phase est celle de la consolidation et de l’organisation du temporel monastique. Celui-ci ne laisse guère transparaître de caractéristiques authentiquement cisterciennes. Le modèle économique est celui d’une économie de rentier du sol, où les rentes en argent, cens et rentes diverses, dominent très largement. On ne retrouve aucune trace de faire-valoir direct ou de biens qui pourraient faire penser à des granges d’exploitation. Les modes de gestion de l’abbaye de l’Épau correspondent en tout point à ceux de toutes les seigneuries ecclésiastiques, en particulier des grands établissements bénédictins. Il est d’ailleurs remarquable que la dotation initiale de l’Épau comporte dès l’origine des dîmes, acquises auparavant par la reine Bérengère et cédées ensuite à l’Épau14. Dans un registre similaire, on peut noter aussi l’exercice du droit de chasse que les moines de l’Épau n’hésitent guère à se réserver, mentions certes tardives mais toujours surprenantes pour des religieux, qui plus est cisterciens. Ainsi en 1451, dans l’affermage de la métairie du Petit-Boutry, paroisse de Boëssé-le-Sec les preneurs s’engagent à entretenir et réparer à leurs frais les plesses de la garenne du lieu quand il sera besoin, garenne dans laquelle les religieux de l’Épau ainsi que les preneurs pourront chasser quand ils le jugeront opportun15. Mention similaire en 1444, pour la métairie de la Verrerie ; les preneurs devront entretenir les plesses16 de la garenne, dont les religieux se réservent l’usage et le droit de chasser 17 Arch. dép. Sarthe, H 872. et seront tenuz lesdits preneurs fere ou ferefere les tailles et plesses en la garenne anxienne dudit lieu de la Verrerie, laquelle garenne demeure ausdits preneurs comme les choses dessusdites en faisant ceste presente prinse le temps desdites trois vies ; en laquelle lesdits religieux et couvent de la Pitié Dieu et leurs successeurs pourront ledit temps durant, pour eulx et leurs serviteurs ou aultres gens quilz verront bon estre estans en leur compaignie, chasser, tendre et thesurer fillez et autrement, ainsi quil leur plaira, sans contredit ne empeschement desdits preneurs ne de leurs ayant cause, et du deduit prins en ladite garenne fere et disposer a leur bon plaisir et vollenté et joir »17. Gestion et réorganisation du patrimoine, 1365-1480 18 La tentation est grande d’établir un lien entre cette somme et l’autorisation d ... 19 André Bouton signale que la période 1356-1370 est des plus difficiles pour le Maine alo ... 11Cette documentation connaît une remarquable mutation à partir de 1365. La réduction du volume déjà constatée s’accompagne d’une modification considérable de la nature de la documentation conservée cf. fig. 2. La part des transactions entre particuliers connaît une très forte régression, due notamment au fait que la phase de constitution du patrimoine, et donc d’acquisition des archives particulières, est terminée. Le patrimoine est désormais constitué, et ne s’accroît plus guère, comme en témoigne l’effondrement du nombre et de la proportion des achats et des donations. Il est cependant remarquable que l’abbaye réalise la plus grosse acquisition de son histoire en 1365, lorsqu’elle achète les deux tiers par indivis de la seigneurie de Montreuil sur Sarthe de Fouques Riboule, chevalier, sire d’Assé le Riboul et Agnès de Beaumont sa mère, veuve de Fouques Riboule. La somme versée, 710 livres tournois, est énorme, sans commune mesure avec les sommes versées habituellement, sans que l’on sache exactement d’où proviennent les fonds18, et alors que l’opération est réalisée dans une période pourtant peu propice à ce genre de transaction19. 20 On ne peut écarter l’hypothèse que la part du fermage dans la période précédente puisse ê ... 21 Bail de neuf ans, en 1400, pour le moulin de la Forge à Saint-Denis-des-Coudrais, réaffer ... 12Le fait majeur de cette mutation documentaire est la progression spectaculaire des baux ils représentaient 2 % de la documentation avant 1345, contre 60 % après 1370. S’affirme ici une tendance très nette, valable pour toute cette longue période 1370-1480 le patrimoine est massivement affermé ou réaffermé. On lit ici le signe d’une phase d’intense réorganisation du domaine, ce que confirme la part des transactions diverses près de 10 %, dont les échanges constituent la majeure partie. Il s’agit donc non seulement d’une remise en ordre, mais d’une réorganisation de la gestion du domaine, avec une conversion massive au fermage, qui semble concerner l’intégralité du domaine20. Cette phase de reconstruction et de réorganisation du domaine passe par une généralisation des baux à une, deux ou trois vies, qui deviennent les plus fréquents ils représentent 42 des 44 baux recensés passés par l’Épau, soit près de 95 % des baux. Par comparaison, on ne retrouve que deux baux à terme, tous deux de neuf ans et passés dans les années 140021. 13La répartition chronologique des baux à vie laisse apparaître deux grandes périodes qui concentrent l’essentiel des baux 22 sur 44, toutes deux consécutives à deux épisodes violents un premier dans les années 1370, après la peste et les débuts de la guerre de Cent Ans, et un second qui démarre dans les années 1440, consécutif à l’occupation anglaise du Maine fig. 2. Figure 2 – Répartition chronologique des baux à vie 22 Le Petit Boutery lequel bordage est pour la plupart en boys, hays et buissons ... 23 Un estre, sicomme il se poursuit, avec les courtilz, terres, mesons et autres choses qu ... 24 Sic. Est habituellement indiqué le nombre de fermes de la charpente une grange bonne e ... 25 Ainsi dit et accordé que si Guillaume Thebaut, fils dudit Jehan Thebaut, advoue aucun d ... 14Cette répartition spécifique s’explique largement par le contexte de reconstruction, phénomène classique de rattrapage après des épisodes troublés. La fréquence des réaffermages révèle les difficultés de la période ; d’où un turn-over parfois important sur les terres. C’est le cas du bordage du Petit-Boutry paroisse de Boëssé-le-Sec, baillé en 1451 pour 60 sous et six poulets par an, augmenté de douze journaux de terre arable. L’opération n’a pas été fructueuse, car le bordage, dont la superficie est estimée à quinze journaux de terre, est en friche lorsqu’il est à nouveau baillé vingt ans plus tard en 1471 pour 20 sous seulement22. Autre exemple en 1408 les religieux de l’Épau baillent à vie à Jean Thebaut, sa femme et leurs trois enfants un estre » et ses dépendances23, situé entre les chemins de Pontlieue à Mulsannes et à Arnage pour quarante sous tournois de rente annuelle, à condition de faire bâtir une maison bonne et compétente. En 1446, le même domaine est de nouveau affermé par les religieux à Raoulet Hamelin et Alice sa femme et leurs enfants pour la même rente annuelle. Les preneurs sont tenus de faire fere une maisons bonnes et compétentes ou lieu ou anciennement estoit le habergement dudit lieu sur six estaiches24, dedens deux ans prochainement venans ». Quarante ans plus tard, la maison n’a visiblement pas été construite, ou a déjà été détruite. Les précautions dont s’entourent les religieux vis-à-vis de tenanciers précédents révèlent qu’ils ne semblent pas bien savoir ce qu’ils sont devenus. Une clause indique que seul l’un des enfants du précédent preneur, Guillaume, est susceptible d’avoir survécu. Mais, défaillance des archives ou méconnaissance de son devenir, il devra en cas de retour prouver son bon droit, et pourra dès lors jouir de la maison sans que l’on ne puisse rien reprocher aux religieux ; il devra cependant dédommager les preneurs du coût de la maison, et ceux-ci pourront en jouir alors à la mort dudit Guillaume25. 26 Arch. dép. Sarthe, H 872. 27 Arch. dép. Sarthe, H 888. 15Les difficultés des temps se lisent dans la fréquence des clauses obligeant les preneurs à construire ou reconstruire une habitation sur les terres prises à bail, à l’image des exemples précédemment cités. Cette clause de construction/reconstruction est reprise dans dix actes différents, soit près du quart des baux concernés. Ces clauses signalent des biens vacants et/ou en déshérence, ou la constitution de nouvelles exploitations à partir de parcelles de terre. La plupart du temps, cette obligation s’accompagne d’un délai pour la reconstruction, qui peut varier d’une à neuf années, et parfois d’une remise de rente pour les premières années. La métairie de la Verrerie paroisse de Cherré est affermée en 1444 contre une rente de 10 livres annuelles, réduites à 100 sous pendant les six premières années, délai fixé pour construire une grange bonne et suffisante de trois fermes avecques une croupe au bout dicelles26 ». Clauses similaires pour l’affermage en 1451 de la métairie de la Jeudière paroisse de Prévelles où la rente, fixée à 25 sous tournois, est réduite à 20 sous pour les huit premières années en échange de l’obligation de faire ou fere faire construire et ediffier et a leurs depens dedens huit ans prochainement venans sur ledit bordage une bonne et competente maison de six estaiches le plus convenable quils pourront27 ». 16Autre signe de la désorganisation des terroirs, la fréquence des mentions de terres en friche ou partiellement abandonnées tend à indiquer des terres vacantes. À sept reprises, les baux mentionnent des terres en gast », ce qui signifie qu’elles n’ont pas été cultivées depuis plusieurs années. Cinq de ces sept transactions portent d’ailleurs sur des vignes, plus rapidement abandonnées que les emblavures. Les occurrences sont groupées dans le temps trois dans les années 1370 1376 et deux fois en 1379, quatre dans les années 1450 deux fois en 1451, 1452, 1457, soulignant les périodes les plus troublées et la remise en ordre qui leur est consécutive. 28 Si la chronologie diffère ici en raison d’un contexte local spécifique, l’abbaye de l’Épa ... 29 Arch. dép. Sarthe, H 916. 17L’importance des affermages et réaffermages et le fait que ces terres trouvent preneur, y compris à des conditions relativement dures, constituent cependant le signe d’une reprise ou tout au moins d’une nette volonté de reconstruction et de reprise en main du patrimoine par les moines de l’Épau. Cette réorganisation de la gestion du domaine par les moines est aussi une réorganisation des terroirs28. La nature des biens baillés après 1365 vient renforcer cette présomption à 25 reprises sur 44 sont baillées des exploitations entières bordage, métairie, estre/aistre, place ou lieu, soit 56, 8 % des baux. À 17 reprises, il s’agit de parcelles ou groupes de parcelles 38,6 % des baux. Se dessine donc un paysage où les exploitations tendent à être affermées en un seul bloc ; plus rares comparativement sont les mises à bail de parcelles isolées. L’affermage peut aussi être l’occasion de constituer des exploitations nouvelles, en rassemblant des parcelles autrefois distinctes. On lit bien alors le processus de recomposition du temporel monastique, qui privilégie très nettement des exploitations entières, affermées à des tenanciers sur le modèle du bail à vie. C’est le cas par exemple de la métairie de la Verrerie, déjà citée. Le 25 juillet 1390, Guillaume Lesgret et Guillemette sa femme, de la paroisse de Cherré, abandonnent aux moines de l’Épau les deux métairies de Quinedort et de la Chauffardière, qu’ils tenaient d’eux et renoncent à tout droit sur ces biens, en contrepartie de la remise du montant de leurs arrérages s’élevant à 80 livres tournois et de l’extinction de la rente de 9 livres qu’ils leur devaient pour ces deux métairies. Le 25 septembre de la même année, les religieux baillent à ferme aux mêmes Guillaume Lesgret et Guillemette sa femme, et un de leurs enfans né et procrées en mariage deulx et pour le plus vivant deulx trois » les deux mêmes métairies, pour la rente et ferme de 10 livres tournois annuelles, en sus des droits seigneuriaux. En 1444, les religieux baillent à ferme à Micheau Bruneau et Guillemette sa femme, demorant en la paroisse de Villaines la Gonays […] la mestairie domaines et appartenances de la Champfardiere et Quinedort qui enciennement soulloit estre en deux mestairies et depuis est en une et appellée la Verrerie », contre une rente annuelle de 10 livres tournois. En 1476 enfin, la même métairie, qualifiée de domaine de la Verrerye », est à nouveau affermée à Jehan Bruneau, qui n’est autre que le fils du précédent preneur, et Marion sa femme. La ferme s’élève désormais à 15 livres tournois et une douzaine de fromages telz que on les fera sur les lieux ». Cette somme est réduite à 10 livres et douze fromages tant que Michau Bruneau sera encore en vie29. Autre exemple avec le lieu » dit de Bordebeure ou Bordebure paroisse d’Yvré-l’Évêque. En 1470, sont affermées à deux couples d’Yvré-l’Évêque trois parcelles distinctes mais voisines, si on suit les confronts, l’une contenant quinze journaux de terre arable, une autre un journal, la dernière trois journaux, détenues par des particuliers sur le fief de l’Épau. La rente est alors fixée à 55 sous. Six ans plus tard, la veuve de l’un des deux preneurs, ainsi que son nouveau mari, afferment pour 60 sous à Jean Lefèvre et sa femme la moictié par indivis du lieu et appartenance de Bordebure tel droit comme ledit Micheau et sadite feme acause dicelle peulst avoir oudit lieu », à charge pour eux de construire une maison sur le bien. Finalement, les terres qualifiées alors de bordage » sont revendues en 1485 par le même Jean Lefèvre aux religieux de l’Épau pour 17 livres tournois. 30 Un bail à vie est mentionné dès 1234 dans les archives du chapitre cathédral A ... 31 Latouche, Robert, L'exploitation agricole dans le Maine du xiiie au xvie siècle », Anna ... 32 L’abbaye cistercienne de Buzay, dans le diocèse de Nantes, procède aussi à une conversion ... 33 Deck, Suzanne, Le temporel de l'abbaye cistercienne de Beaubec », Annales de Normandie, ... 18Cette prédominance du bail à vie n’est ni une innovation ni une spécificité des moines de l’Épau. Il s’agit davantage de la réactivation et de l’intensification d’une pratique plus ancienne que d’une nouveauté. Sans être fréquents, ils sont attestés dans le Maine dès le xiiie siècle30. Ce type de bail connaît en revanche un succès remarquable dans le Maine à partir du xive siècle, jusqu’à devenir au xve siècle la forme prédominante de concession de la terre31. La généralisation du bail à vie peut être considérée comme une forme locale de la reprise en main de la terre et des hommes qui la travaillent par les seigneurs manceaux ; et sur ce point, l’Épau ne déroge pas à la règle. Si la conversion au fermage est assez générale dans les temporels monastiques de l’ouest à cette époque32, le type de bail trahit cependant des modes de gestion seigneuriaux différents. L’abbaye normande de Beaubec transforme ainsi progressivement ses granges en manoirs baillés à ferme au cours du xive siècle. Malgré la présence de quelques baux à vie, l’établissement préfère nettement les baux à terme de neuf ans, en un choix délibéré de privilégier les rentes sur l’attache à la terre33. 34 Exemple en 1375 une pièce » de terre appelée Jublans », située à Rouillon, est affe ... 35 Arch. dép. Sarthe, H 876. 19Le bail à vie fait au contraire peser de fortes contraintes sur les paysans, qui diffèrent considérablement de celles imposées par la tenure à cens. Si en apparence il s’apparente à des baux emphytéotiques, la nature du bail interdit toute possibilité d’aliénation de la terre. De plus, la mention presque systématique de la clause de défaillance, entraînant la saisie des biens en cas de non-paiement de la rente pendant trois années consécutives sans recours à une procédure judiciaire, place le preneur dans une situation contraignante. Le long terme et l’association fréquente des conjoints et enfants qui lient ceux-ci à la terre baux à deux ou trois vies assurent au preneur une visibilité et une sécurité à long terme. Mais le bail entraîne aussi une forme d’attachement contraignant à la terre, qui vaut sur plusieurs générations ; attachement sélectif cependant, puisque les clauses du bail à trois vies entraînent une exclusion partielle des enfants de l’héritage, un seul des héritiers, parfois nommément cité, étant autorisé à reprendre l’exploitation34. L’héritier et successeur est parfois obligé de désintéresser ses frères et sœurs ainsi en 1476, lors de l’affermage de la métairie de la Richardière, le nouveau preneur, pourtant fils du précédent, s’engage à désintéresser ses frères et sœurs du bien de manière à pouvoir seul assumer la reprise du bail Et a promis ledit preneur faire renoncer a Perrin Jourdan et autres ses cohéritiers […] au droit quil pourroit avoir poursuir demander et obtenir en ladite mettairie a cause du père dudit preneur ou autrement35. » C’est d’ailleurs sans doute la cause du nouvel affermage le preneur est un des fils du preneur initial, dont on s’attendrait à ce qu’il puisse succéder à son père en tant que troisième vie ». Les religieux préfèrent cependant passer un nouveau contrat, sans doute pour couper court à toute forme de contestation de la part des autres frères et sœurs. 36 Arch. dép. Sarthe, H 880. Le terme d’ estagier » fait ici référence aux exploitants des ... 37 Arch. dép. Sarthe, H 902. 38 Solvendo dicto Thome de Hireis domino feodali dictarum rerum quinque denarium turonensiu ... 39 L’affermage déjà cité du lieu de Bordebeure, paroisse d’Yvré-l’Évêque, met en relation de ... 40 Autre exemple en 1451 dans l’affermage d’un pré de deux hommées, les preneurs sont tenu ... 20La prise de bail s’accompagne d’une augmentation très nette des revenus de la terre, la ferme s’ajoutant généralement au cens initial ; et la différence de montants entre les deux peut parfois être sans commune mesure. Ainsi dans l’affermage en 1410 d’une métairie à Montreuil-sur-Sarthe à Michel Vincent et Macée sa femme, la rente s’élève à 15 sous tournois, en sus du cens de deux deniers. La rente est ici équivalente à 90 fois le montant du cens, auquel s’ajoutent encore deux poulailles » et les corvées telles comme les autres estagiers estoient tenuz et ont accoustume fere36 ». En 1474, les religieux afferment à Jean Petit et Gervaise sa femme le lieu des Morterons paroisse de Neuville-sur-Sarthe, pour une ferme s’élevant à 45 sous et deux chapons de rente annuelle, qui s’ajoutent au cens de six deniers ; le rapport est là encore de 1 à 90. Ce rapport n’est cependant pas constant en 1451, pour l’affermage de huit journaux de vigne, certes en gast pour l’heure », situés au clos de Mezangeaux paroisse de Sillé-le-Philippe, à Robin Doré, paroissien du lieu, la rente s’élève à trois sous tournois, le cens étant de cinq deniers, soit un rapport de un à sept37. Le cens n’est d’ailleurs pas forcément versé aux moines, traduisant l’empilement des droits de propriété sur la terre. Dans l’exemple précédent, le cens est à verser à Thomas de Hire, seigneur féodal du lieu », et non aux moines qui ne détiennent que la propriété utile du sol38. L’inverse est vrai aussi, les religieux touchant les cens des biens affermés par d’autres dans leurs seigneurie39. Sont aussi systématiquement spécifiées les obligations seigneuriales ressortant de la seigneurie territoriale dans l’affermage de 1474 précédemment cité, la rente et le cens sont entendus cum omni jura feodali », les biens étant situés in feodo nostro »40. 41 Et en oultre lesdits preneurs promectent et sont tenuz ferefere et ediffier ou bout de ... 42 La métairie est affermée tout ainsi que par devant ledit preneur et feu son p ... 21La caractéristique de ces baux est donc de permettre des redevances en argent élevées, qui peuvent de plus être régulièrement réévaluées au fur et à mesure des affermages. C’est le cas avec la métairie déjà citée de la Verrerie louée en 1390 pour 10 livres tournois, puis à nouveau au même montant en 1444, elle est réaffermée pour 15 livres en 1476. Ce montant est ici exceptionnel, la plupart des fermes des exploitations baillées s’élevant à 40 ou 50 sous tournois. Autre exemple avec la métairie de la Richardière paroisse de la Bosse, affermée une première fois en 1445 à Julien Jourden et Benoite sa femme a la vie deulx deux et du plus vivant de leurs enffans nez et procreez en leur mariage et au plus vivant deulx trois » pour 40 sous tournois de rente annuelle. Les preneurs s’engagent à construire ou faire construire une maison dans les six ans suivants sur la métairie. Les religieux les autorisent pour cela à prendre dans leurs bois le bois qu’ils leur indiqueront41. La métairie est réaffermée une trentaine d’années plus tard, en 1476, à Jehan Jourdan, fils du précédent preneur, et Jehanne, sa femme, paroissiens de la Bosse, sans que l’on connaisse les raisons de ce réaffermage42. La rente est portée cependant à 60 sous tournois, six fromages et deux chapons. Les preneurs s’engagent en outre à fere construite et ediffier en ladite mettairie une maison bonne et competente sur six estaches dedens six ans prochainement venans ». L’obligation de reconstruction, tout comme le nouveau contrat, semblent indiquer qu’il y a eu une rupture du contrat initial, peut-être par abandon du bien ; d’où le réaffermage et la conséquente augmentation du loyer. 43 Arch. dép. Sarthe, H 925. 44 Arch. dép. Sarthe, H 894. 45 Arch. dép. Sarthe, H 885. 46 Arch. dép. Sarthe, H 876. 47 Affermage d’un estrayge, maison avecques leurs appartenances […] pour la somme de quinz ... 22Ces exploitations louées en bloc constituent l’essentiel des rentes de l’abbaye de l’Épau. La moyenne des rentes des parcelles ou groupes de parcelles affermés s’élèvent à moins de six sous 5,8 sous tournois ; 16 des 17 baux concernés sont les plus bas loyers. À l’inverse, la moyenne des rentes des exploitations baillées entières s’élève à 58 sous tournois, avec des différences qui s’échelonnent de 12 sous à 15 livres tournois, la médiane se situant cependant à 40 sous. Ces redevances se doublent parfois de redevances d’ordre symbolique chapons, poules, fromage, que l’on retrouve dans onze cas différents 25 sous, deux chapons et deux poules pour le bordage du Villaret en 147743 ; 30 sous et deux chapons pour le moulin de la Forge, ainsi que 10 sous, deux chapons et quatre fromages pour deux pièces de terre contenant respectivement huit et deux journaux, affermées en même temps que le moulin, en 148044 ; 100 sous, deux chapons et douze boisseaux d’avoine pour la métairie de la Denysière en 147045 ; 60 sous, six fromages et deux chapons pour la métairie de la Richardière en 147646. Ces prestations viennent peut-être directement alimenter la table seigneuriale. Elles sont aussi et surtout une expression et une matérialisation de la nature seigneuriale de la domination du monastère, dont la valeur symbolique l’emporte sur la valeur monétaire. Toutes sont d’ailleurs portables et se paient au monastère, le déplacement physique venant matérialiser la soumission des tenanciers à leur seigneur, dans le cadre de la seigneurie locale, domaniale, exercée par les moines sur la terre qu’ils détiennent et concèdent, et qui pèse sur les tenures. Ce type de redevance symbolique, associée au montant de la rente annuelle, est attesté pour l’Épau dès 1410, associé d’ailleurs à des corvées47. Mais c’est seulement dans les années 1470 qu’il devient vraiment courant on le rencontre en 1410, en 1451, en 1464, puis à huit reprises entre 1471 et 1480. Il participe de la reprise en main très ferme des domaines initiée dans le Maine après l’occupation anglaise ; et sur ce point, les religieux de l’Épau se conforment au modèle général. • 48 Lettre de Charles V autorisant que le reliquat des sommes levées pour la rançon de Jean ... 49 L’inscription sur sa pierre tombale précise qu’il est mort le 10 mai 1444, et qu’il serai ... 50 En 1440 son prédécesseur, Jean Barbe, était encore en vie et conduisait un procès contre ... 51 Barrère Louis, La Piété-Dieu de l’Épau, p. 7. 52 Barrère Louis, La Piété-Dieu de l’Épau, p. 32. 53 C’est le cas par exemple de la façade occidentale de l’abbatiale quelle est la date d ... 54 Les voûtes de la nef, du transept et du collatéral paraissent avoir été construites apr ... 55 Ricordeau, Auguste, L’abbaye de l’Épau ». On peut cependant remarquer que le remplage t ... 23La documentation émanant de l’abbaye de l’Épau reflète les aléas et les difficultés de la période dans la région. Elle met très nettement en évidence deux phases. La première, qui prend fin en 1345, est celle de la constitution du patrimoine, où achats et donations dominent très nettement. Une seconde phase débute à partir de 1365, après une lacune de vingt ans dans la documentation. C’est celle de l’adaptation et de la réorganisation du patrimoine, devenues inévitables dans un contexte très perturbé. L’épisode de la destruction de 1365 n’apparaît pas vraiment dans les sources alors qu’on pourrait s’attendre à un silence documentaire suivant cet épisode traumatique, il n’en est rien. Cette destruction ne nous est connue que par des sources indirectes et la lettre de Charles V affectant des fonds pour la reconstruction, datée du 4 novembre 136748. La tradition veut que la reconstruction se soit effectuée dans la foulée, et qu’elle ait été achevée à la mort de l’abbé Guillaume de Bonneville en 144449. La brièveté de son abbatiat et les difficultés causées par l’occupation anglaise du Maine à cette période excluent qu’il soit l’unique promoteur de la reconstruction50. Jean Barrère dans son étude sur la construction des bâtiments fait preuve d’une grande prudence lorsqu’il date la reconstruction de l’abbatiale de la période comprise entre sa destruction en 1365 et la mort de l’abbé Guillaume de Bonneville en 144451. Il est vrai qu’en l’état actuel de la recherche, aucun document ne peut préciser pour l’abbatiale une chronologie de construction encore bien vague. Jean Barrère lui-même ne s’avance guère, faisant remarquer que, passée la fin du xiiie siècle, avancer des dates devient ensuite beaucoup plus hasardeux. Les premières années du xive siècle virent certainement une église inachevée »52. Il ne pousse d’ailleurs pas son étude au-delà de 1365, laissant finalement de côté l’épineuse question des destructions et reconstructions, se contentant de dater la grande fenêtre du chœur du début du xve siècle, sans précision ni apporter aucune justification pour cette datation fig. 3. Il souligne la longueur de l’étalement des travaux de construction et l’état inconnu de leur avancée en 136553. Il demeure cependant prudent quant à l’éventuel voûtement de la nef avant 1365 et la possible reconstruction de la grande voûte de la croisée du transept après 136554. Auguste Ricordeau fait preuve de la même prudence il se contente de noter que l’abbatiale a été reconstruite dès les années immédiatement consécutives à la destruction, et date la grande fenêtre axiale du chœur de la fin du xive siècle, là encore sans apporter de justification convaincante55. Il fait aussi remarquer que si l’abbatiale a pu connaître vers 1365 des destructions dont l’ampleur reste inconnue, les bâtiments claustraux n’ont pas été touchés et n’ont subi aucune retouche consécutive à cet épisode. 56 Notons que dans cette période de la fin du xive et du début du xve siècle, l’Épau n’est p ... 24Ces incertitudes doivent inciter à la plus grande circonspection. En l’absence de toute documentation permettant d’évaluer ou de relativiser l’ampleur des dégâts et des travaux de remise en état, on doit se contenter de remarquer qu’entre le xive et le milieu du xve siècle, l’abbaye a fait l’objet d’une campagne de travaux visant à la doter d’une église d’une monumentalité remarquable, sans que l’on sache quelles étaient les sources du financement. On se bornera à constater que c’est à cette période que l’abbaye procède à une réorganisation rigoureuse de la gestion de ses biens, avec une orientation nettement affirmée vers la rente foncière. Mais rien ne permet de définir l’ampleur des conséquences financières de cette politique, ni si celle-ci a permis de dégager les sommes considérables nécessaires à l’achèvement d’un tel chantier56. 25Cette réorganisation s’effectue autour du modèle d’une économie seigneuriale de rentiers du sol, où l’on ne retrouve aucune trace de faire-valoir direct ; mais on peut remarquer que c’était déjà le cas avant 1365. La conversion au fermage et la constitution d’exploitations entières est la piste privilégiée par les religieux de l’Épau pour favoriser la reconstruction et la reconstitution des revenus du domaine. Pour assurer les rentrées d’argent et limiter l’érosion des revenus, le monastère opte pour un type très contraignant de concession de la terre, grâce à un système de baux longs relativement durs pour les preneurs, baux à une, deux ou trois vies, aux fermages élevés qui viennent s’ajouter aux prestations seigneuriales coutumières. La reconstruction et la réorganisation du temporel s’accompagne ici d’une péjoration de la condition paysanne. Les conditions de concession de la terre et de la domination seigneuriale sont dans les faits très contraignantes pour les paysans, contraints de résider sur les terres pour espérer les transmettre et assurant ainsi aux seigneurs une continuité de la mise en valeur des terres. 26Cette reconstruction prend place dans un paysage économique contrasté. Certes la gestion du temporel de l’abbaye de l’Épau semble rigoureuse, et la période qui s’ouvre dans les années 1370 est plus calme. Mais le contexte politique et économique demeure difficile et s’aggrave particulièrement dans les années 1420-1440. Ce contexte affleure dans la documentation biens vacants, maisons détruites, terres en friches, remises de cens pour reconstruction, plusieurs indices concordent pour révéler ce contexte difficile. L’abbaye semble cependant chercher à tirer le parti le plus profitable possible de la reprise et de la reconstruction. Pour autant, le patrimoine n’évolue plus guère et n’augmente pas beaucoup au regard du très faible nombre d’acquisitions, par don ou par achat. Il demeure donc difficile de mettre en rapport cette documentation avec l’histoire de l’abbaye, la destruction de 1365 et la reconstruction qui suit tout au plus peut-on dire que l’abbaye se donne les moyens de dégager des rentes, qui pourraient servir à la construction. En raison de leur relative modestie, il semble téméraire de conclure qu’elles pourraient en l’état suffire à mener à bien un chantier dont on ignore l’ampleur exacte. Figure 3 – Abbaye de l’Épau. Chevet de l’église abbatiale Haut de page Bibliographie Barrère, Jean, La Piété-Dieu de l’Épau, construction et aménagement d’une abbaye cistercienne 1230-1365, Le Mans, Société Historique de la Province du Maine, Archives Historiques du Maine » 15, 1968. Bouton, André, Le Maine, histoire économique et sociale des origines au xive siècle vol 2 Le Moyen Âge, Le Mans, chez l’auteur, 1976 2e éd. revue et augmentée. Cordonnier-Detrie, Paul, Saint-Aubine et la Flèche, les moulins de l’Épau », Revue Historique et Archéologique du Maine, 112, 1956, p. 199-203. ––, Les abbayes du Haut-Maine, quelques témoignages », Revue Historique et Archéologique du Maine, 127, 1971, p. 9-40. Deck, Suzanne, Le temporel de l'abbaye cistercienne de Beaubec », Annales de Normandie, 30, 1974, p. 131-156. Dufief, André, Les cisterciens en Bretagne aux xiie et xiiie siècles, Rennes, PUR, 1997. Froger, Louis, L’abbaye de l’Épau du xiiie au xve siècle », Revue Historique et Archéologique du Maine, 34, 1893, p. 251-313. L’économie cistercienne. Géographie, mutations, du Moyen Âge aux Temps Modernes. Centre culturel de l’abbaye de Flaran. 3es Journées internationales d’histoire, 16-18 septembre 1981, Auch, Comité départemental du tourisme du Gers, 1983. Latouche, Robert, L’exploitation agricole dans le Maine du xiiie au xvie siècle », Annales de Bretagne, 51, 1944, p. 218-229. Ledru, Ambroise, Répertoire des monuments et objets anciens de la Sarthe et de la Mayenne, Le Mans, Société Historique de la Province du Maine, Archives Historiques du Maine » 10,1911. ––, L’abbaye de l’Épau du xiiie au xve siècle », La Province du Maine, 2, 1894, p. 143-145. Maillet, Laurent, L’abbaye de Champagne le temporel d’une abbaye cistercienne du Maine au Moyen âge », Revue Historique et Archéologique du Maine, 18,1998, p. 97-144. Mousnier, Mireille, L'abbaye cistercienne de Grandselve et sa place dans l'économie et la société méridionales xiie-xive siècles, Toulouse, Presses Universitaires du Mirail, 2006. Pichot, Daniel, Histoire du diocèse du Mans du xe au xive siècle », La Mayenne archéologie et histoire, 21, 1998, p. 53-92. ––, Le village éclaté habitat et société dans les campagnes de l’Ouest au Moyen Age, Rennes, PUR, 2002. Ricordeau, Auguste, L’abbaye de l’Épau du xiie au xve siècle », Revue Historique et Archéologique du Maine, 35, 1894, p. 55-91 et 134-167. Sarrazin, Jean-Luc, Les activités d’un rassembleur de terres en Pays de Rais vers le milieu du xve siècle », Annales de Bretagne et des Pays de l’Ouest, 88, 2, 1981, p. 135-156. Haut de page Notes 1 Le Paige date l’événement de 1361 Le Paige, André René, Dictionnaire topographique, historique, généalogique et bibliographique de la province et du diocèse du Maine, Le Mans, Toutain, 1777, t. II, p. 596, tandis que la Gallia Christiana avance la date de 1371 monasterium diruerunt anno 1371, cenomenses cives, metuentes ne praesidium fieret anglis », Gallia Christiana, XIV, 536-538, reprise par Paul Cordonnier-Detrie Cordonnier-Détrie, Paul, Les abbayes du Haut-Maine, quelques témoignages », Revue historique et archéologique du Maine, cxxvii, 1971, p. 9-40. Julien-Rémy Pesche avance pour sa part la date de 1356/1357 Pesche, Julien-Rémy, Dictionnaire topographique, historique et statistique de la Sarthe, Mayenne, J. Floch, 1974 [1829-1842], t. 2, p. 255, note 1. La date de 1365, plus fréquemment retenue, est donnée par une plaque commémorative aujourd’hui perdue, commandée en 1602 par l’évêque de Paris, Pierre de Gondi, abbé commendataire de l’Épau, qui donne la date de 1365 pour la destruction. Cette plaque n’est connue que par la citation qu’en fait la Gallia Christiana, reprise par Piolin, Léon-Paul, Histoire de l’Église du Mans, Paris, Julien Lanier, 1851-1863, t. V, p. 28-29. 2 En témoigne un compte de décimes, publié par Auguste Longnon. Il s’agit d’une taxe d’un vingtième prélevée en 1329-1332 l’abbaye de Saint-Vincent est taxée à 35 livres, celle de la Couture à 49 l 3 s 4 d, au même niveau que l’évêque 50 l. La première abbaye cistercienne est Fontaine-Daniel 15 l, précédant l’Épau 11 l, Champagne 9 l, Clermont 7 l et Perseigne 7 l 10 s, Bellebranche 4 l et Tironneau 5 l. Arch. Vatican., armario XXXIII, n° 10 ; publié par Longnon, Auguste, Pouillé de la province de Tours, Paris, Klincksieck, 1903. 3 Froger, Louis, L’abbaye de l’Épau du xiiie au xve siècle », Revue historique et archéologique du Maine, 34, 1893, p. 251-313 ; Ledru, André L’abbaye de l’Épau du xiiie au xve siècle », La Province du Maine, 2, 1894 ; Ricordeau, Auguste, L’abbaye de l’Épau du xiie au xve siècle, Revue historique et archéologique du Maine, 35,1894, p. 55-91 et 134-167. 4 Barrère, Jean, La Piété-Dieu de l’Épau, construction et aménagement d’une abbaye cistercienne 1230-1365, Le Mans, Société Historique de la Province du Maine, Archives Historiques du Maine » 15, 1968. 5 Bernier, Jean-Yves, L’Épau une abbaye cistercienne, Paris, J. Delmas, 1988 ; Bréau, Jules, L’abbaye de l’Épau, Rennes, Ouest-France, 1991 ; Bouton, Étienne, L’abbaye d’une reine, Le Mans, La Reinette, 1999. 6 Arch. dép. Sarthe, Fonds de l’abbaye de l’Épau, H 833 à H 925 inventaire en ligne sur le site des Archives départementales ; H 2144 ; série AC 111 915 à 941 pièces issues des Archives communales du Mans. Inventaire manuscrit par P. A. Anjubault, 1855. 7 Bibliothèque nationale de France, ms. occ., collection Gaignières, n° 205, Cartulaire de l’abbaye de l’Épau. 8 Lottin, René-Jean-François, abbé éd., Chartularium insignis Ecclesiae Cenomanensis, quod dicitur Liber AlbusCapituli, Le Mans, E. Monnoyer, Institut des Provinces de France » 2e série, t. 2, 1869 ; Broussillon, Bertrand, Vallée, Charles éd., Cartulaire de l’évêché du Mans, 936-1790, Le Mans, Société Historique de la Province du Maine, Archives Historiques du Maine » 1, 1900 ; Broussillon, Bertrand, Vallée, Charles éd., Cartulaire de l’évêché du Mans, 965-1786, Le Mans, Société Historique de la Province du Maine, Archives Historiques du Maine » 9, 1908 ; Menjot d’Elbenne, Samuel, éd., Cartulaire du chapitre royal de Saint-Pierre-de-la-Cour du Mans, Le Mans, Société Historique de la Province du Maine, Archives Historiques du Maine » 4, 1907 ; Menjot d’Elbenne, Samuel, Charles, Robert éd., Cartulaire de l’abbaye de Saint-Vincent du Mans ordre de saint Benoît. Premier cartulaire 572-1188, Le Mans, Société Historique et Archéologique du Maine, 1886-1913 ; Broussillon, Bertrand, Farcy, Paul de éd., Cartulaire de Saint-Victeur, au Mans, prieuré de l’abbaye du Mont-Saint-Michel 994-1400, Paris, A. Picard, 1895 ; Cartulaire des abbayes de Saint-Pierre de La Couture et de Saint-Pierre de Solesmes,publié parles bénédictins de Solesmes, Le Mans, E. Monnoyer, 1881 ; Chédeville, André, éd., Liber controversiarum sancti Vincentii Cenomannensis » ou Second cartulaire de l’abbaye de Saint-Vincent du Mans, Paris, C. Klinksieck, 1968. On peut ajouter à cette liste l’ouvrage de Léon-Paul Piolin Histoire de l’Église du Mans, qui contient nombre de pièces éditées dont quelques-unes peuvent concerner l’abbaye de l’Épau. 9 Les données représentées rassemblent tous les actes conservés par l’abbaye de l’Épau et ceux concernant l’abbaye dans l’ensemble des dépouillements effectués. 10 Cette moyenne haute est accentuée par l’importance de la première décennie ; si on en fait abstraction, on arrive cependant à 13,7 actes par décennies, soit plus du double de celle de la période suivante. 11 C’est notamment le cas des séries H 833 et 111 AC 938 à 940 aux Archives départementales de la Sarthe. 12 Arch. dép. Sarthe, H 833. 13 Arch. dép. Sarthe, H 845. 14 Dans la dotation initiale, Bérengère cède aux religieux les deux tiers de la grande dîme de Saint-Jean des-Échelles et les deux tiers de la dîme du vin du même lieu, qu’elle avait achetés de Hugues Haanne et d'Herbert son fils. L’acte de la vente précédant cette donation est conservé le seigneur Hugues Haanne et Herbert, son fils, vendent, moyennant 45 sols mançais, à la reine Bérengère, pour le nouvel établissement cistercien qu’elle souhaite édifier à l’Épau ad opus novelle plantationis Cisterciensis ordinis quam ipsa modo edificat apud Spallum », les deux tiers de la grande dîme de la paroisse de Saint-Jean-des-Échelles en blé, transport, messier et paille in blado, et tractu et messore, et paleis » et les deux tiers de la dîme des vignes plantées dans le ressort de ladite grande dîme. Hugues et Herbert concèdent en outre une place avec l’aire qui en dépend pour recevoir et verser les dîmes » quandam plateam cum area competenti ad eandem decimam reponendam et excutiendam », Arch. dép. Sarthe, H 833. 15 Tenebuntur insuper dicti capientes facere suis expensis les plesses garene dicti loci quotiens opus erit ; in qua garena nos et dicti successores nostros necnon dicti capientes poterimus licite fugare quotiens oportunum videbitur ». Arch. dép. Sarthe, H 861. 16 Haies tressées. 17 Arch. dép. Sarthe, H 872. 18 La tentation est grande d’établir un lien entre cette somme et l’autorisation délivrée par Charles V d’affecter les fonds prélevés pour le paiement de la rançon de Jean II le Bon à la reconstruction de l’abbatiale. La date de la transaction 15 mai 1365 et celle de l’autorisation donnée par Charles V 2 mai 1367 exclut cependant tout rapprochement. 19 André Bouton signale que la période 1356-1370 est des plus difficiles pour le Maine alors que la cité du Mans est régulièrement mise en défense, l’abbaye de Beaulieu est brûlée par les Anglais en 1356 ; ses ruines sont rasées en 1365 pour ne pas servir d’abri aux Anglais. En mars 1365, les Anglais occupent le prieuré de Grandmont, suscitant la crainte des Manceaux qui entreprennent la destruction du manoir royal du Gué de Maulny, celle de l’abbaye de l’Épau et de l’église Saint-Ouen-des-Fossés pour ne pas servir d’abri aux Anglais Bouton, André, Le Maine, histoire économique et sociale vol 2 xive, xve, xvie siècles, Le Mans, chez l’auteur, 1970, p. 14 et 23. 20 On ne peut écarter l’hypothèse que la part du fermage dans la période précédente puisse être sous-évaluée, l’absence de baux conservés ne signifiant pas leur inexistence. Cependant la fréquence des baux conservés dans la seconde période signifie que cet aspect de la gestion du domaine est devenu une préoccupation majeure. 21 Bail de neuf ans, en 1400, pour le moulin de la Forge à Saint-Denis-des-Coudrais, réaffermé à vie en 1480 Arch. dép. Sarthe, H894 ; bail de neuf ans en 1404 pour le bordage de la Jeudière à Prévelles Arch. dép. Sarthe, H 888. 22 Le Petit Boutery lequel bordage est pour la plupart en boys, hays et buissons contenant sil estoit nectoyé et exterply sic quinze journaulz de terre ou environ ». Arch. dép. Sarthe, H 861. 23 Un estre, sicomme il se poursuit, avec les courtilz, terres, mesons et autres choses qui y sont et qui y appartiennent ». Arch. dép. Sarthe, H 916. 24 Sic. Est habituellement indiqué le nombre de fermes de la charpente une grange bonne et suffisante de trois fermes avecques une croupe au bout dicelles », Arch. dép. Sarthe, H 872. 25 Ainsi dit et accordé que si Guillaume Thebaut, fils dudit Jehan Thebaut, advoue aucun droit esdites choses baillées ; et quil fust trouvé quil eust icceluy droit par baillée a luy ou a ses predecesseurs faites, iceulx preneurs ne pourront contraindre lesdits bailleurs au garantaige desdites choses, mais seront desdomaigez iceulx preneurs par ledit Thebaut de la edifficacion et reparacion, coustz et mises quilz avoient faictes esdictes choses ainsi quil sera trouvé par raison ; et apres le deces dudit Guillaume Thebaut, lesdits preneurs, leurs enfans ou les enfans de ladicte femme, auront lesdites choses ainsi que cy dessus est contenu ». Arch. dép. Sarthe, H 916. 26 Arch. dép. Sarthe, H 872. 27 Arch. dép. Sarthe, H 888. 28 Si la chronologie diffère ici en raison d’un contexte local spécifique, l’abbaye de l’Épau témoigne ici d’un phénomène de reconstruction relativement similaire à ce que Jean-Luc Sarrazin a pu mettre en évidence pour l’abbaye cistercienne de Buzay la recomposition des campagnes et la constitution de métairies entraînent une évolution considérable des structures d’exploitation agraire. Sarrazin Jean-Luc, Les activités d’un rassembleur de terres en Pays de Rais vers le milieu du xve siècle », Annales de Bretagne et des Pays de l’Ouest, 88, 2, 1981, p. 135-156. 29 Arch. dép. Sarthe, H 916. 30 Un bail à vie est mentionné dès 1234 dans les archives du chapitre cathédral Arch. dép. Sarthe, G 50, et en 1233 dans celle de l’abbaye Saint-Vincent Arch. dép. Sarthe, H 94. Une mention en 1189 semble trop douteuse pour pouvoir être retenue Arch. dép. Sarthe, H 581. 31 Latouche, Robert, L'exploitation agricole dans le Maine du xiiie au xvie siècle », Annales de Bretagne, 51, 1944, p. 218-229. 32 L’abbaye cistercienne de Buzay, dans le diocèse de Nantes, procède aussi à une conversion massive de ces terres au fermage pour pallier à la faiblesse des revenus des censives. Sarrazin Jean-Luc, Les activités d’un rassembleur de terres ». 33 Deck, Suzanne, Le temporel de l'abbaye cistercienne de Beaubec », Annales de Normandie, 1974, n° 30, 34 Exemple en 1375 une pièce » de terre appelée Jublans », située à Rouillon, est affermée à Lorens de la Vallée et Thiephaine sa fame ... pour eulx et pour Agnes lour fille et pour le plus vivant deulx trois ». Arch. dép. Sarthe, H 857. 35 Arch. dép. Sarthe, H 876. 36 Arch. dép. Sarthe, H 880. Le terme d’ estagier » fait ici référence aux exploitants des biens de l’Épau. Il participe d’un champ lexical centré autour de la maison et de l’exploitation, qui regroupe les termes “estre”/“aistre” lieu, place, et particulièrement lieu construit, centre d’exploitation, “estrage” grange, appentis, maisonnette, “estage” maison, habitation et “estagier” habitant, résident. 37 Arch. dép. Sarthe, H 902. 38 Solvendo dicto Thome de Hireis domino feodali dictarum rerum quinque denarium turonensium census termino consueto ». Arch. dép. Sarthe, H 902. 39 L’affermage déjà cité du lieu de Bordebeure, paroisse d’Yvré-l’Évêque, met en relation des particuliers ; mais les biens sont situés ou fié ausdits religieux et tenues deulx à 17 deniers mailles tournois de cens ». Arch. dép. Sarthe, H 902. 40 Autre exemple en 1451 dans l’affermage d’un pré de deux hommées, les preneurs sont tenus de payer en sus de la rente les deniers et anciens droits féodaux à ceux de qui ces biens sont tenus » denaria feodalia et antiqua dominiis feodalibus a quibus dicte res tenentur ». Arch. dép. Sarthe, H 902. 41 Et en oultre lesdits preneurs promectent et sont tenuz ferefere et ediffier ou bout de la maison de ladite mestairie une ferme de maison bone et suffisante, tant de cloture comme toutes et autres choses necesseres a ladite ferme dedens six ans prochainement venans a leurs propres coutz et despens ; sauf quilz pourront prendre boys pour ce es bois de ladite abbaie au moins domageable desdits religieux abbé et couvent dela Pitié Dieu comme après ce que par eulx ledit bois aura esté montré audit preneur en assiette convenable ». Arch. dép. Sarthe, H 876. 42 La métairie est affermée tout ainsi que par devant ledit preneur et feu son père la tindirent et exploictirent par baillées attestées que en avoient lesdits religieux oudit père dudit preneur lequel est lune des testes ». Arch. dép. Sarthe, H 876. 43 Arch. dép. Sarthe, H 925. 44 Arch. dép. Sarthe, H 894. 45 Arch. dép. Sarthe, H 885. 46 Arch. dép. Sarthe, H 876. 47 Affermage d’un estrayge, maison avecques leurs appartenances […] pour la somme de quinze soulx tournois monnaie courant de rente et deux deniers de cens, deux poulailles et les corvées telles comme les autres estagiers estoient tenuz et ont accoustume fere ». Arch. dép. Sarthe, H 880. 48 Lettre de Charles V autorisant que le reliquat des sommes levées pour la rançon de Jean le Bon soit utilisé pour la reconstruction de l’Épau, Arch. dép. Sarthe, 111 AC 938 copie du xixe s.. 49 L’inscription sur sa pierre tombale précise qu’il est mort le 10 mai 1444, et qu’il serait l’auteur de la reconstruction de l’église hic jacet dompnus Guillelmus de Bona Villa / abbas quintusdecimus hujus monasterii / qui reedificavit ecclesiam que olim destructa fuerat / tempore guerrarum, et obiit VII idus maii / anno domini millesimo CCCC° XL° quarto / anima eius requiescat in pace. Amen ». Cité par Froger, Louis, L’abbaye de l’Épau du xiiie au xve siècle », Revue Historique et Archéologique du Maine, 34, 1893, p. 251-313, d’après la collection Gaignières. 50 En 1440 son prédécesseur, Jean Barbe, était encore en vie et conduisait un procès contre l’évêque de Chartres Gallia Christiana, t. XIV, p. 537 et Froger Louis, L’abbaye de l’Épau ».. 51 Barrère Louis, La Piété-Dieu de l’Épau, p. 7. 52 Barrère Louis, La Piété-Dieu de l’Épau, p. 32. 53 C’est le cas par exemple de la façade occidentale de l’abbatiale quelle est la date de cette façade occidentale ? Est-elle antérieure ou postérieure à 1365 ? ». Barrère Louis, La Piété-Dieu de l’Épau, p. 31. 54 Les voûtes de la nef, du transept et du collatéral paraissent avoir été construites après coup ou avoir fait l’objet d’une reconstruction. Si l’on admet qu’elles durent être remplacées après 1365, il y a plusieurs indices qui permettent d’avancer pour elles une date plus tardive » NDA notamment les clés de voûtes. Barrère Louis, La Piété-Dieu de l’Épau, p. 31. Il précise ensuite que la charpente du chœur est d’origine, quand celle de la nef aurait été détruite en 1365 Il faut mentionner enfin la très remarquable charpente qui, à côté de celle du chœur restée intacte, remplaça au début du xve siècle sur la nef et le transept, celle qui fut détruite en 1365. L’artiste l’avait-il conçue pour demeurer apparente, une partie de l’abbatiale étant alors sans voûtes ? Rien ne permet de l’affirmer, car la structure de l’édifice réclamait des voûtes » Barrère Louis, La Piété-Dieu de l’Épau, p. 47. 55 Ricordeau, Auguste, L’abbaye de l’Épau ». On peut cependant remarquer que le remplage très régulier de cette baie, encore empreint de la rigueur du gothique rayonnant, rappelle davantage les réalisations du dernier tiers du xive siècle que les réalisations du gothique des années 1440. 56 Notons que dans cette période de la fin du xive et du début du xve siècle, l’Épau n’est pas le seul établissement local à se lancer dans de grands travaux c’est aussi la période où est lancé le vaste chantier des transepts de la cathédrale, construits eux aussi à cette époque et malgré un contexte là encore peu favorable, même si les revenus du chapitre sont d’une autre ampleur que ceux de l’Épau. Mussat André, La cathédrale du Mans, Paris, Berger-Levraut, 1981. Haut de page Pour citer cet article Référence papier Vincent Corriol, Heurts et malheurs d’une abbaye l’abbaye de l’Épau à la fin du Moyen Âge », Annales de Bretagne et des Pays de l’Ouest, 120-3 2013, 30-47. Référence électronique Vincent Corriol, Heurts et malheurs d’une abbaye l’abbaye de l’Épau à la fin du Moyen Âge », Annales de Bretagne et des Pays de l’Ouest [En ligne], 120-3 2013, mis en ligne le 30 septembre 2015, consulté le 17 août 2022. URL ; DOI de page Histoire de la commune de Saint-Paterne La commune de Saint-Paterne a repris comme blason, les armoiries de la famille LE COUSTELLIER – Seigneur de Saint-Paterne dès le XIVème siècle. A l’époque du néolithique, une hache découverte à Saint-Paterne atteste du passage de l’homme déjà à cette époque. L’existence d’un peuplement et d’un sanctuaire datent vraisemblablement d’avant l’an mil, le vocable de la paroisse ainsi que les sépultures mises à jour, situant le peuplement en haut Moyen Âge, en liaison certainement avec un défrichement de la forêt de Perseigne qui borde Saint-Paterne. En 1145, la commune semble alors aux mains des Seigneurs d’Ozé, puissante seigneurie de Saint-Paterne. La paroisse de Saint-Gilles de la Plaine a été réunie à celle de notre ville en 1240. Au début du XVème siècle, la famille LE COUSTELLIER – Seigneurs d’Ozé – fait bâtir le manoir situé dans le bourg, très remanié par la suite. L’économie de Saint-Paterne est jusqu’à la fin du XIXème siècle basée sur la céréaliculture. Une dizaine de métiers à tisser assureront une production vendue à Alençon. En outre, on exploite des carrières de calcaire, une briqueterie et un four à chaux. La révolution donne un rôle administratif à la commune qui devient Chef Lieu de Canton en 1795. En 1805, une partie de la commune – le faubourg de Montsort – est réunie à Alençon et un projet de transfert du Chef Lieu de Canton vers Oisseau-le-Petit est envisagé, projet qui échoue devant l’opposition des Saint-Paternais. Les habitants de Saint-Paterne s'appellent les Saint-Paternais et étaient au nombre de au recensement de 2007. La superficie de la commune était de km². Histoire de la commune de Le Chevain L’église Dès le 11ème siècle, un prieuré rattaché à l’abbaye de Perseigne s’élevait à l’ombre d’un oratoire devenu Église Saint Denis d’Ochevaing puis du Chevain. On trouve trace des seigneurs d’Ochevaing dès cette époque. La Seigneurie du Chevain perdura jusqu’à la Révolution. En 1798, l’église fut vendue comme bien national, achetée par Madame D’Anthenaise veuve de Villeray. En 1816, elle en fait don à la commune à condition de rétablir le culte. Elle décéda en 1820 et fut inhumée dans le chœur de l’église désaffectée. En 1827, sa fille Madame de Villeray, Veuve de Mr Du Bouvier du Hameau continua les démarches et restitua l’église à la commune. Une ordonnance royale autorise la donation. En 1845, bénédiction de l’église à nouveau lieu de culte. Le château Dans le grenier du château, sur une pièce de bois de la charpente, se trouve peinte la date de 1809. Le château actuel fut construit sous l’empire par Madame Le Bouvier Duhameau. Il ne comportait que la partie centrale. Son gendre Rousselin Corbeau de Saint Albin habitait Paris où il était avocat à la cour d’Appel. En 1818, il fait construire les 2 ailes du château. Dernier blason de la famille Rousselin-Corbeau de Saint Albin, châtelains du Chevain. Description couronne de marquis, devise nil nisi virtute RIEN SANS COURAGE. Le château est devenu mairie en 1960 et l’école a été accueillie en 1963. Patrimoine religieux chevinois Après avoir retrouvé et relu les Informations Municipales des années 1990-1995, qui racontent en plus des informations locales, l’histoire du Chevain un paragraphe attire l’attention du lecteur dans le numéro de novembre 1995 M. Philippe de Saint-Albin, bibliothécaire de l'impératrice Eugénie, frère d'Hortensius, et de Mme Hortense de Saint-Albin, épouse de M. Jubinal, député et ami intime de l'empereur Napoléon III, avaient obtenu de sa majesté l'impératrice Eugénie, en don, 3 chapes en drap d'or ainsi qu'un ornement de drap d'or composé d'une chasuble, d'une étole, voile et d'une bourse de calice. Ces ornements portaient à la partie supérieure des chaperons et des chapes, les armes impériales brodées qui en indiquent l'origine. Ces trois chapes portent le cachet sur la doublure "don de SM. l'Impératrice Eugénie"». Un peu d’histoire du Chevain au 19ème Le château actuel fut construit sous l’Empire par Mme Le Bouvier Duhameau. Il ne comportait que la partie centrale sur une pièce de bois de la charpente on trouve peinte la date de 1809. Sa fille Hortense Céline Rousselin de Saint-Albin née Duhameau Comtesse 1817-1874 épouse en 1831 Hortensius Corbeau de St Albin1805-1878. Il était avocat à la cour d’Appel de Paris. Il fut député de 1837 à 1849, a reçu la légion d’honneur. Il était poète, il a écrit des fables et un livre très remarqué, il est mort au château du Chevain le 25 février 1878. Alexandre Rousselin Corbeau de Saint Albin, père d’Hortensius, de Philippe, et d’Hortense, fit construire les deux ailes du château du Chevain vers 1818. Il fut inhumé dans le caveau familial au Chevain en 1847. Nous avons entrepris de savoir si ces chasubles et autres objets, offerts par Sa Majesté l’Impératrice Eugénie, femme de Napoléon III, pouvaient être encore dans notre Eglise. Notre curiosité était grande ! Effectivement, après 150 ans, ils sont toujours là. Nous avons fait appel à une conservatrice du conseil départemental de la Sarthe, afin d’avoir son avis sur l’authenticité de ces objets, Elle est venue constater et nous avons retrouvé les cachets sur la doublure de ces vêtements religieux. Bien sur le temps a fait son œuvre. Une restauration pourrait être envisagée. Après recherches nous savons que de somptueux cadeaux de l’Impératrice ont été également offerts et restaurés par exemple en Alsace et en Bretagne. Compte tenu de la valeur historique de ces objets, dans les prochains mois, une restauratrice textile viendra estimer le coût des travaux à réaliser pour une restauration. Vestiges de la chapelle du Chevain Une ancienne chapelle mortuaire, bénie le 12/05/1849 était le caveau familial de la famille Rousselin de Corbeau de Saint-Albin. Elle se trouvait à cette époque dans le parc du château du Chevain qui avait une superficie de 52 hectares 78 ares, résidence de la famille. Ces vestiges se trouvent dans un pré maintenant privé, en bordure de la Sarthe. Relevés vers la fin des années 1960, après violation de sépultures, les corps ont été déplacés dans un ossuaire dédié à la famille, au cimetière du Chevain. Sur la pierre tombale est inscrit simplement famille de Saint-Albin ». En 2018, après l’accord des propriétaires et des locataires du champ, 5 chevinois dont 2 conseillers municipaux ont fait des recherches dans les ruines de la chapelle. Ceci afin de connaître l’identité des personnes qui avaient été inhumées dans ce lieu. Dans les ruines, après le débroussaillage et malgré les pierres amoncelées, ils ont retrouvé 3 plaques gravées en marbre. Nous savons que 2 autres plaques probablement s’y trouvent encore. En 2019, grâce à l’aide du locataire du terrain que nous remercions, ces 3 plaques gravées ont été ramenées au Chevain et déposées dans un local communal. 1ère plaque enfant de 4 ans Épidémie de choléra en France en 1854 2ème plaque 2ème enfant de cette famille 37ans 3ème plaque mère des 2 enfants artiste peintre, œuvres au Musée du Luxembourg Jean Charles Antonin De Saint Albin Né à Paris le 8 janvier 1850 décédé le 26 juillet 1854 La nature sur lui versa tous ses trésors beauté grâces candeur, précoce intelligence de sa mère il était la joie et l’espérance mais la fièvre implacable a brisé les ressorts de cette jeune vie… et le martyr succombe. Alexandre Antonin sont unis dans la tombe. victimes tous les deux d’un horrible trépas… Notre dernier enfant nous a quittés hélas ! Ange il a pris son vol pour rejoindre les anges. Là-haut du créateur, il chante les louanges ; et nous sur cette terre il faut pleurer, souffrir ! et ne plus exister que de son souvenir !! Sa mère, son père, ses frères et sa sœur désolés de sa perte ils prient pour eux. A la Mémoire….. cassure de Clémenti Charles Zéphirin CORBEAU De ST Albin né à Paris le 20 février 1834. Décédé à Paris le 20 février 1871. Il réunissait aux dons les plus heureux de l’esprit et de l’intelligence des sentiments plein de noblesse et de générosité ; rien n’égalait l’exquise délicatesse de son cœur. ___ Sa famille et ses amis pleurent sa perte prématurée ___ Tu n’es plus cher enfant ; ta force ta jeunesse, nous faisaient entrevoir un horizon plus beau mais si ta mère hélas est pleine de tristesse son tendre amour le suit au de la du tombeau ___ Ton père et ta mère ne t’oublie… Cassure de la plaque ICI REPOSE Madame Céline Louise Alexandrine Lebouvier Duhameau Comtesse Hortensius de St Albin Née à Brives Mayenne le 21 janvier 1816 Décédée à Paris le 14 Avril 1874 La meilleure des épouses pendant 43 ans de parfaite union elle fut aussi la plus tendre, la plus dévouée des mères. D’une piété douce et fervente. Elle soutint courageusement les épreuves de la vie. Modèle de toutes les vertus rien chez elle n’altéra jamais la pureté ni la sérénité de son âme angélique artiste éminente… suite parfois illisible Et modeste elle a laissé des œuvres de talent mais c’est surtout le souvenir de son exquise bonté qui restera gravé dans tous les cœurs. - Ange retourne au Ciel elle prie pour le mari qu’elle a tant aimé et qui désolé de sa perte pour ses enfants et ses petits enfants qui furent l’objet de toutes ses pensées et de son constant amour 1ère PLAQUE NON RETROUVEE Hortensius Rousselin Corbeau de St Albin né à Ste Foy lès Lyon Rhône le 8/12/1805 mort au Château de Chevain Sarthe le 25/02/78 conseiller à la Cour d’Appel de Paris, Officier de la légion d’honneur…. Député de la Sarthe de 1837 à 1849. Il était poète, et il a écrit des fables et un livre très remarqué source wikipedia C’était le mari de Céline Louise Alexandrine Lebouvier Duhameau Comtesse Hortensius de St Albin 3ème plaque retrouvée et le père des 2 enfants 1ère et 2ème plaque 2ème PLAQUE NON RETROUVEE ALEXANDRE CHARLES ROUSSELIN COMTE DE CORBEAU DE SAINT ALBIN Né en 1773 à Paris mort le 15/06/1847, et inhumé dans le caveau familial du château de Le Chevain. Il fut consul et ami de Napoléon III. C’était le père d’Hortensius lère plaque non retrouvée Son prénom se trouve sur la plaque de l’enfant de 4 ans, Alexandre Antonin sont unis dans la tombe Victimes tous les deux d’un horrible trépas. source Le saviez-vous, autrefois un pèlerinage existait dans notre commune. Un historien local raconte... Notre-Dame de la Quinte guérissez nos enfants » Historique – Le culte de Sainte Anne connu à Saint-Denis du Chevain sous le nom de Notre-Dame de la Quinte se perd dans la nuit des temps. Il est admis qu’une ancienne statue en bois comme les sculptaient nos pères vint au cours des ans à tomber de vétusté. La foi et les guérisons obtenues par son intercession, la dévotion que l’on y apportait et voulant maintenir ce culte, il advint qu’une âme pieuse en reconnaissance fit faire par un imagier » d’Alençon, à la fin du XVIème ou commencement du XVIIème siècle la statue en pierre polychromée que nous voyons sur son autel. Cette statue sculptée sur un socle monolithe porte gravé en lettre d’or Notre-Dame de la Quinte ». Comme la plupart des anciennes statues, un grand voile la recouvre ; les pèlerins avec foi venaient jadis à pied et à jeun, souvent de fort loin, implorer la guérison de leurs petits enfants contre la coqueluche. Lorsque l’église du Chevain fut vendue comme Bien National le 25 Fructidor An VI 12 Septembre 1798, notre petite statue fut cachée, puis enterrée dans le sol de l’église pour la préserver de la profanation. Elle ne reprit sa place sur son autel qu’à la réouverture de l’église et au rétablissement du culte dans la paroisse le 15 Janvier 1827, après avoir ainsi passé la période révolutionnaire. Il est attesté qu’au Chevain les enfants se trouvent préservés de cette malignité. sacristain et historien Signification de quinte type de toux survenant en particulier au cours de la coqueluche. Commune de Saint-Paterne - Le Chevain Saint-Paterne - Le Chevain est, depuis le 1er janvier 2017, une commune nouvelle française située dans le département de la Sarthe en région Pays de la Loire, d'une surface de 1 293 ha peuplée de 2 386 habitants. Saint-Paterne - Le Chevain se situe à 3 kilomètres d’Alençon, à 22 kilomètres de Mamers et 55 kilomètres de Le Mans. L'échangeur n° 19 de l'autoroute A28 allant d'Abbeville à A10 Tours et passant par Rouen est situé sur la commune de Saint-Paterne - Le Chevain. Histoire de la création de la commune nouvelle La commune est le maillon de proximité de la République auquel chacun est très attaché. Les missions confiées aux élus municipaux sont multiples Action sociale, Formation - enseignement, Culture - vie sociale - jeunesse - sports et loisirs, Aménagement du territoire - Infrastructures et transports, Environnement, Vie économique, Sécurité, Compétences régaliennes au nom de l’État. Pour répondre aux attentes de services des habitants, des moyens sont nécessaires. Rappelons qu’au titre de la participation au redressement des comptes publics, en 2016 l’État s'est désengagé financièrement par la baisse des dotations versées aux communes, ayant pour conséquence pour la commune de Saint-Paterne, une diminution de € sur 3 ans de la dotation globale de fonctionnement versée à la commune. Autant d’argent qui n'aurait pas pu servir aux investissements futurs. Également dans le même temps, l’État imposait aux communes des contraintes budgétaires supplémentaires au travers de l’obligation de mise en place des Temps Activités Périscolaires, des aménagements importants liés aux nouvelles normes accessibilité des lieux publics et bien d’autres. Différentes études avaient démontré que si rien n'avait changé, les élus municipaux auraient été dans l’obligation de prendre rapidement des décisions contraignantes comme, par exemple, la diminution des investissements. Parce que les élus n’ont pas voulu être confrontés à de tels choix, parce qu’ils ont refusé la fatalité, parce que l’intérêt général a toujours été leur seule préoccupation, parce qu’ils ont voulu conservé l’identité de votre lieu de vie, les élus des communes de Saint-Paterne et Le Chevain ont travaillé sur le projet de la création d’une commune nouvelle au 1er janvier 2017. Ainsi le 31 mai 2016, les conseillers municipaux de Saint-Paterne et Le Chevain ont voté à la majorité la création de la commune nouvelle Saint-Paterne - Le Chevain ». Edité par J. DELMAS ET CIE, 1971 Etat Bon Couverture rigide Détails bibliographiques Titre EGLISES ET ABBAYES DE LA SARTHE Éditeur J. DELMAS ET CIE Date d'édition 1971 Reliure Couverture rigide Etat du livre Bon Etat de la jaquette Pas de jaquette Description de la librairie livres anciens, épuisés, de collections, livres d'histoire, revues, magazines, encyclopédies, dictionnaires, manuels techniques Visitez la page d’accueil du vendeur Conditions de vente En accord avec les conditions de vente et de retour d'AbeBooks. Conditions de livraison Les commandes sont généralement expédiées sous deux jours. Les frais de port sont calculés sur la base d'un livre = un kilo. Les frais de port affichés au moment de la commande sont indicatifs. Au cas où des livres commandés seraient particulièrement lourds ou imposants, vous serez informé que des frais de transports supplémentaires sont nécessaires. Afficher le catalogue du vendeur Modes de paiement acceptés par le vendeur Sélection de 4 abbayes, monastères et prieurés sur 20 dans la Sarthe Abbaye du Perray-Neuf Abbaye 72300 Précigné L'Abbaye du Perray-Neuf, édifice religieux de la commune de Précigné dans la Sarthe, classé 2 d'Étival-en-Charnie Eglise romane 72540 Chemiré-en-Charnie L'Abbaye d'Étival-en-Charnie, édifice religieux de la commune de Chemiré-en-Charnie dans la Sarthe, classé 1 de Vivoin Eglise gothique 72170 Vivoin Le Prieuré, édifice religieux de la commune de Vivoin dans la Sarthe, classé 1 Saint-Pierre de la Couture Abbaye 72000 Le Mans L'Abbaye Saint-Pierre, édifice religieux de la ville du Mans dans la Sarthe, classé 1 écu. Liste des 20 abbayes, monastères et prieurés dans la Sarthe Nous vous proposons de découvrir également Les plus beaux monuments dans la Sarthe Les musées dans la Sarthe Les châteaux dans la Sarthe hôtels, chambres d’hôtes et gîtes dans la Sarthe Il est curieux de voir, lorsqu’on se lance à l’assaut de l’étude de l’abbaye cistercienne de L’Epau, le silence des récits actuels concernant les moines. Ils n’apparaissent que pour disparaitre. Tous les comptes rendus de présentation, site officiel inclus, ne parlent que de la fondatrice, des bourgeois manceaux destructeurs de l’abbaye en 1365 et de la succession de propriétaires depuis la révolution française. Il est vrai que l’histoire de l’abbaye est mouvementée dès avant sa fondation. Mais finalement pas plus que nombre d’abbayes médiévales. Places fortes, places riches, pôles de rayonnement spirituels et économiques, les abbayes, quelque soit leur ordre, ont toutes occupé un rôle important dans la zone géographique où elles étaient installées au moyen-âge. L’abbaye de l’Epau n’échappe pas à la règle, avec les détails spécifiques de ses propres vicissitudes. Abbaye royale, elle n’occupe pas vraiment une place centrale dans l’histoire du royaume de France, ni dans l’histoire des congrégations religieuses. Fondation et volonté d’une femme en disgrâce, combattue par les rejetons de sa propre famille et reléguée dans les terres secondaires du Comté du Maine, l’abbaye de l’Epau est une anonyme fondation de grands aristocrates pour le salut de leur âme et ici pour le rachat des péchés d’une vie dissolue de plusieurs souverains Plantagenet. Car pour être discrète, l’histoire de l’abbaye est tout à fait emblématique de son époque. C’est du reste cette banalité qui la rendit si transparente à la postérité. Mais sa restauration, sur son modèle médiéval initial par le département de la Sarthe, en fait aujourd’hui un témoin, trop peu connu, mais pourtant exemplaire d’un quotidien vécu par toute un peuple il y a plus de 8 siècles. Une reine, Bérangère de Navarre, veuve d’un grand et respecté souverain, le célèbre Richard cœur de Lion, se voit disputé par son inique beau frère et successeur au trône de son époux, son douaire. Sans cesse ennuyée, poussée dans ses retranchements par Jean, inguérissable sans terre, devenu sans scrupule, elle finit par trouver refuge, de déconvenue en déconvenue, dans cette terre du Maine. Comme son père et son époux, elle est proche de l’ordre cistercien que tous trois ont toujours soutenu. Un ordre déjà ancien de plus d’un siècle et supplanté par les mendiants en pleine expansion. De son lien privilégié elle décide de fonder une abbaye qu’elle confiera à ses protégés. Témoins d’une page qui se tourne, cette veuve d’un souverain d’une autre époque, celle des croisades et des grandes fondations dynastiques, ordonnera la construction d’une des dernières abbayes cisterciennes de France. La fondation a un double but clair, recueillir le corps de la Reine à sa mort qui interviendra un an après et assurer le salut de son âme et de celle des Plantagenet aux mœurs dissolus. C’est ainsi qu’en 1229 les premiers moines arrivent au lieudit la réserve de la forêt », l’espal en vieux français, l’Epau aujourd’hui. Ce n’est pas une configuration ordinaire pour ces moines radicaux, issus de la réforme de l’ordre bénédictin. Selon la volonté de leur fondateur, Robert de Clarvaux, les moines devaient se réunir dans un lieu retiré et aride, une forme de désert. La forêt constituait un parfait endroit austère et retiré en ces temps anciens où les bois dominaient largement. Ces retraites firent des cisterciens les plus grands défricheurs de l’époque. Mais la reine choisit et imposa un compromis. L’abbaye serait bien en forêt, sur les bords de l’Huisne poissonneuse, mais proche de la grande ville du Mans, complétant ainsi la ceinture monastique de la ville. Fidèle à leur habitude et contrairement à ce qu’avance la page wikipedia, les frères commencèrent par les bâtiments conventuels, afin de pouvoir au plus vite vivre pleinement leur règle. A la différence des bénédictins de Cluny, ils ne sont pas moines de chœurs ». Aussi, sans pour autant négliger l’office, traditionnellement moins déployé que dans les liturgies des moines noirs, ils construirent l’église plus tard. Néanmoins, en 1234, l’évêque du Mans peut consacrer un édifice, non achevé mais suffisant. C’est en visitant l’abbaye, et grâce au module de visite assisté, qu’on se rend mieux compte de ce que fut la vie de ses moines rendus anonymes par les notices actuelles. Dans la vie monastique, les bâtiments rythment le temps et le temps rythme la vie des moines. A chaque heure une tâche qui se retrouve dans l’espace bâti ou cultivé. La restitution médiévale du bâtiment permet de se promener au pas des religieux dans un silence paisible et sobre, selon la vocation même des cisterciens en réaction au faste clunisien. Achevée en 1365, elle est brûlée par les Manceaux l’année suivante. En pleine guerre de Cent ans, les frères avaient déserté l’abbaye peu sure. Par peur qu’elle ne serve de base arrière à l’ennemi, les bourgeois poussèrent les habitants à brûler une abbaye qui venait tout juste d’achever 130 ans de construction. La reconstruction sera vite entreprise avec le retour des moines, mais sera longue et les fonds seront difficiles à trouver. Les Cisterciens ne sont plus l’ordre phare de cette fin de siècle. L’abbaye, restaurée de siècle en siècle perdra de son importance et passera d’une obédience à l’autre, d’un régime à l’autre jusqu’à devenir bien national, soumis aux outrages habituels. La restauration entreprise par le département de la Sarthe respecte l’esprit cistercien. Dépouillement et sobriété, dans un cadre forestier dépaysant à 5 minutes des premiers faubourgs de la ville épiscopale. Mais là encore, les moines sont absents. Lieu culturel plus que d’histoire, on s’y promène un peu à vide entre plusieurs expositions sans grand rapport ni grand intérêt. Le personnage clef reste une femme, la reine Bérangère qui se voit attribuer une collection de mode et de parfum à son nom. On retrouve le calme des lieux retirés, mais il ne reste rien de l’âme cistercienne que pourtant d’autres lieux, mêmes privés de moines ont su garder de nos jours encore. Hier comme aujourd’hui, on se demande ce qui reste de ceux qui pourtant vécurent, prièrent et moururent entre ces murs. Un festival de musique vient réveiller chaque année ces pierres endormies quoique flambant neuves. Pour qui veut se rendre compte de ce que fut une abbaye cistercienne dans l’état neuf de sa construction, le détour est enrichissant, mais le lieu par lui-même semble déserté et inerte, en dehors de l’ébullition festivalière. Vous pourrez vous restaurer ou rafraîchir dans le cloître au café des moines de façon très agréable. Source et vidéo Visitez la France

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