objets fabriqués par les poilus dans les tranchées

RetroNewssite média dédié aux archives de presse issues des collections de la Bibliothèque nationale de France sur la période 1631 à 1950. Mise en perspective de l'actualité, grandes unes, faits divers, histoire de la presse écrite, dossiers pédagogiques Objetde tranchées. Dessous de plat fabrique par un soldat dans les tranchées. Verdun. 1917. WWI. Bois. Annonce de JulesetMarguerite Annonce de la boutique JulesetMarguerite JulesetMarguerite De la boutique JulesetMarguerite. 5 étoiles sur 5 (222) 89,00 € Ajouter aux favoris Paire de petits vases art des tranchées 1914-1918 française Annonce de AuBonEndroit Dansles 7 régions du nord et de l’est de la France, 25 millions de personnes vivent et travaillent sur un sol truffé de munitions non explosées ou cachées et morphologiquement déformé par les cratères, les boyaux, les sapes, les tranchées, les trous de bombe, les cratères, les entonnoirs de mines. Les sucreries récoltent chaque année au bout des trieuses à betteraves des Lavie des tranchées de 14-18 racontée en 700 objets. Clermont-Ferrand. Christian Bourg les a trouvés pour la plupart en chinant dans les brocantes en Auvergne. Il les expose dans son musée Dansla pénible vie du poilu dans les tranchées, le tabac représente l'un des réconforts les plus appréciés. Il n'est donc pas étonnant que le tabac et ses objets aient été une source d'inspiration infinie pour les Profil Sans Photo Site De Rencontre. Corrigé du questionnaire de l`exposition Nom …………………………… Prénom…………………………. Ville ………………………….. Tel ……………………………. Mail ………………………………………. MUSEE du POILU JOURNEES du 11 /12 / 12 NOVEMBRE 2012 QUESTIONNAIRE JEUX DECOUVERTE Chers visiteurs, nous vous souhaitons la bienvenue au MUSEE du POILU. Pour accompagner votre visite, nous vous proposons de participer en famille à ce questionnaire jeux découverte. Des questions de différents niveaux permettront à tous de participer et de mieux connaître ces chefs d’œuvre façonnés par les poilus. Nous vous souhaitons une bonne visite pleine d’étonnement et d’émotion puisque l’artisanat de tranchée, reflet d’un passé intense et dramatique, reste un puissant symbole pour tous ceux qui découvrent aujourd’hui ces travaux anonymes. La guerre éclate l’été 1914, les soldats français partent la fleur au fusil persuadés d’être rapidement de retour chez eux. Mais le conflit s’enlise. La guerre de mouvement durera très peu de temps. Assez rapidement vint l’enfouissement dans les tranchées aménagées avec les moyens du bord. QUESTION N° 1 pts Quelle est la date de la mobilisation en France ? ………………………………1er Aout 1914……………………………… QUESTION N° 2 pts Quelle victoire est remportée par les français le 11 septembre 1914 ? …………………La bataille de la Marne…………………………………………… Dans les tranchées, les positions étaient tenues par l’infanterie composée pour la plus grande part de paysans venus de toutes les régions de France. Ces hommes avaient l’habitude de tout faire eux-mêmes dans les fermes, travailler le métal, le bois, le cuir, construire, réparer, transformer, récupérer. Ils se mirent à fabriquer une multitude d’objets. QUESTION N° 3 5/40 pts Citez 5 raisons pour lesquelles les soldats fabriquèrent ces objets. 1…………………pour les utiliser……………………………………………………………. 2…………………pour s’occuper……………………………………………………………. 3……………pour les rapporter en souvenir……………………………………………………………. 4……………pour participer à des concours……………………………………………………. 5…………………pour les vendre……………………………………………………………. QUESTION N° 4 1/40 pts Citez un des premiers objets fabriqués par les poilus et pourquoi ? Le briquet…………………………………………………………………… Pour remplacer les allumettes En parcourant les vitrines, vous vous apercevrez que tous ces objets, fabriqués dans les tranchées et surtout à l’arrière des premières lignes, ont été conçus pour la plupart à l’aide de munition et de déchets de projectiles ramassés sur les champs de bataille et ses alentours … QUESTION N° 5 pts Citez 15 matières utilisées par les poilus. aluminium cuivre os bronze écorce fer bois corne verre Feuille d’arbre laiton pierre tissu cuir marron QUESTION N° 6 5/40 pts Parmi tous ces objets exposés dans les vitrines, le collectionneur a glissé deux objets intrus ». Qui sont-ils et pourquoi ? 1…………cadre gravé 1944……………………………………….. 2…………douille gravée 1940…………………………………….. QUESTION N° 7 4/40 pts Durant toute la guerre, mais surtout au début de campagne, J’ai subi le calcaire de l’Argonne, le granit des Vosges et la craie de Champagne, Utilisé pour protéger le pas tremblant et hésitant de ceux qui avançaient sous le feu du canon, J’ai inspiré le soldat et j’orne aujourd’hui certains bibelots derrière lesquels se cachent une âme et un nom. Qui suis-je ? ………………le…fer à cheval………………………………………………………. QUESTION N° 8 4/40 pts. Complétez la phrase. On retrouve fréquemment sur les œuvres présentées qui nous sont parvenues notamment sur les vases des motifs de végétaux, comme l’incontournable feuille de chêne, symbole de la…victoire…, le chardon, symbole de…la Lorraine…………, le ……brin de muguet et le………trèfle à 4 feuilles, porte-bonheur. QUESTION N° 9 3/40 pts Dés le début de la guerre, les soldats français furent prisonniers et envoyés dans 165 camps en Allemagne. Grace à cette charade, citez le nom de celui qui figure gravé sur un coupe-papier. Mon premier est une note de musique Mon second est le contraire de tard Mon tout est un camp de prisonnier Le camp de …SOLTAU……………. QUESTIONS N° 10 pts Observez les vitrines et les objets, puis complétez les mots fléchés à l’aide des définitions. Définitions 1 – Métal présent sur les fusées des obus, utilisé pour l’artisanat de tranchée 2 – Partie d’un obus en cuivre 3 – Objet d’artisanat de tranchée, servant à l’écriture 4 – Nom d’un avion français 5 – Nom d’un avion allemand 6 – Objet religieux 7 – Objet d’artisanat de tranchée, fabriqué en bois 8 – Nom d’un instrument de musique fabriqué artisanalement 9 – Nom donné au fils de l’empereur Guillaume II et à un briquet 10 – Parties végétales, parfois ajourées par les poilus 11 – Elément de l’équipement du soldat, représenté en miniature dans l’artisanat de tranchée 12 – Objet d’artisanat de tranchée utilisé pour ouvrir les lettres en deux mots 13 – Objet du fumeur, absent dans la dotation du soldat, mais très fréquent en artisanat de tranchée 14 – Lieu de campagnes militaires lointaines et exotiques » 15 – Figurine évoquant l’intervention des troupes d’Afrique dans la guerre 1914-1918 1 7 C A N N E 5 12 C 8 M A 3 E L U M I N C 11 6 C R C I T A U B E S 10 R Q F O U P E E U I L N D O L I E 15 S E I U P U C A N E N E M I 4 B I P L A N F I I E 2 C G A L X 14 O R I E I N T A I 9 K R O N P R I N T Z S U R 13 B R I Q U E T La Société historique de Vimoutiers s'apprête à marquer le centenaire de la Grande Guerre de 14-18 en proposant une exposition du 4 au 12 novembre 2017. Par Rédaction L'Aigle Publié le 17 Oct 17 à 1740 Patrice Samson, Thierry Lefebvre et Michel Valissant ont réuni pas mal d’objets artisanaux fabriqués par les Poilus dans les tranchées ©Le Réveil normandLa Société historique de Vimoutiers s’apprête à marquer le centenaire de la Grande Guerre de 14-18 en proposant, du 4 au 12 novembre 2017, une exposition qui se tiendra à la salle de la médiathèque intercommunale. Cette exposition sera basée essentiellement sur des documents photos et des objets datant de la Première Guerre mondiale réalisés dans les tranchées par les Poilus, avec parfois, des objets bien insolites », précise Patrice Samson, le président de la Société historique de Vimoutiers Orne. Des uniformes d’officiers prêtés par Stéphane Jonot, seront aussi exposés. L’idée étant de la rendre la plus attractive possible en limitant les documents écrits longs » explique Thierry cet effet, un appel est lancé en direction de toutes personnes possédant des douilles de calibre 75. Nous n’arrivons pas à en trouver alors qu’à une époque, cela ne manquait pas ». Pour en faire un prêt à la Société historique pour son exposition, se rendre à la permanence au local de l’association, rue des Pommiers à Vimoutiers, le lundi de 10 h à 12 h et de 14 h 30 à 16 h 30. Ou bien prendre contact par courriel société[email protected] ou auprès de Patrice Samson au 07 80 53 31 13. Cet article vous a été utile ? Sachez que vous pouvez suivre Le Réveil Normand dans l’espace Mon Actu . En un clic, après inscription, vous y retrouverez toute l’actualité de vos villes et marques favorites. Avec l'aide d'amis qui partagent sa passion, le Cognaçais Albert Robin à droite propose son étonnante collection au centre culturel de CL Par Jean-Yves DELAGE, publié le 6 novembre 2012 à 4h00, modifié à8h05. Durant la Première Guerre mondiale, les Poilus des tranchées ont créé des objets. Albert Robin en expose à Baignes à partir de jeudi et jusqu'au 13 novembre. I ls sont émouvants, ces objets fabriqués par les soldats de la Grande Guerre, les célèbres Poilus» , constate Albert Robin, membre de l'association Art culture collection conservation du patrimoine». Ce retraité d'une usine verrière du Cognaçais habitant à Châteaubernard expose à partir de ce jeudi et jusqu'au 13 novembre à L'Espinoa de Baignes sa surprenante collection de plus de objets, documents, photos sur l'artisanat des tranchées et la vie quotidienne des Poilus voilà bientôt un siècle. Le vernissage est prévu demain à 18h Il y a plus de 40 ans, j'avais commencé une simple collection de briquets à essence, confie Albert Robin, dont ceux des Poilus. Un jour lors d'une expo, j'ai placé parmi mes briquets un obus de la Grande Guerre, puis deux, et c'était parti!»Depuis, le passionné a complété sa collection tout en essayant de faire parler les étonnants objets qu'il peut dénicher lors de brocantes ou dans des greniers. C'est le laiton, ce mélange de cuivre et de zinc, matière première inépuisable fournie en bonne partie par les douilles d'obus de 75 mm, qui a été le plus utilisé par les soldats. Il peut se marteler, s'aplatir, être mis facilement en forme» explique Albert Robin. Ainsi ont vu le jour de nombreux objets de la vie courante couteaux, bagues, tabatières, porte-plume, encriers, coupe-papier et bien sûr le briquet de tranchée qui accompagne la majorité des soldats.Le rôle des femmes durant la guerre» en conférence samediAlbert Robin devient vite intarissable sur cet artisanat qui apparaît à l'arrière, pendant les temps de repos. Certains soldats étaient des artisans qualifiés dans la vie civile - orfèvres, graveurs -, mais ceux issus du monde rural ont aussi fait preuve d'habileté. Une activité manuelle qui a contribué en même temps à leur redonner un peu le moral.»À côté de cet artisanat, Albert Robin expose aussi des revues, du courrier et des tenues militaires fournies par un autre ami collectionneur, Jean-Claude Papot.Nous avons déjà participé au salon des collectionneurs de Baignes organisé par le comité d'animation. C'est son vice-président, Jean-Paul Belly, qui nous invite et nous avons de quoi proposer une belle expo à L'Espinoa, un lieu qui nous a séduits» , confient-ils. Pendant ladite exposition, Jean-Claude Ribot, autre retraité passionné, donnera une conférence gratuite sur Le rôle des femmes pendant la guerre de 14-18» , ce samedi à 15h30, toujours à L' à L'Espinoa de Baignes du 8 au 13 novembre de 10h à 12h et de 14h à 19h. Entrée libre. Vernissage demain mercredi à 18h. Les écoliers découvrent les armes et divers objets de la grande guerre FB Par publié le 13 novembre 2017 à 10h38, modifié à13h00. Vendredi dernier les écoliers, des classes de CM1 et CM2 de l’école de primaire de Montbron, avaient rendez-vous avec Jean-François Blanchon...Vendredi dernier les écoliers, des classes de CM1 et CM2 de l’école de primaire de Montbron, avaient rendez-vous avec Jean-François Blanchon à la salle des fêtes de Rouzède. Ce passionné d’histoire, notamment de la grande guerre, possède une immense collection objets afférant à cette période de notre histoire. Des armes le fusil Gras, la carabine Lebel pour les Français, le fusil Mauser pour les Allemands. Le fusil de manœuvre en bois pour les bataillons scolaire créés en 1888. Beaucoup d’artisanat de tranchée », ces objets fabriqués dans les tranchées par les Poilus pendant leurs heures de repos à partir notamment de douilles d’obus en laiton. Des vêtements, la tenue bleu horizon, des livrets militaire et des photos d’époque. Jean-François Blanchon a pu raconter aux enfants l’histoire de chacun de ces objets. Les écoliers étaient encadrés par leurs professeurs, Philippe Gauducheau et Stéphane Bourdet. Cette visite rentrait dans le cadre d’une étude plus vaste de la guerre de 14/18. Quelques jours avant cette visite les écoliers avaient passé deux après-midi à étudier cette guerre avec Maurice Bresson, lieutenant-colonel en retraite habitant Montbron. Pour compléter cette étude et perpétrer le devoir de mémoire, une délégation de ces classes a participé à la cérémonie du 11 novembre, au monument aux morts, avec lecture de quelques textes de Poilus et chant de la Marseillaise. Il vous reste 90% de cet article à lire L’ARTISANAT DES TRANCHEES EN 1914-1918 Par Toussaint Pirotte Avant-propos. Période de repos Dans la tranchée. Dans la tranchée. Il y a près de trente ans, par le plus grand des hasards, je découvrais chez un brocanteur français une formidable collection de briquets anciens fabriqués par des soldats de toutes les armes et de toutes les nations belligérantes pendant la première guerre mondiale. J’ignorais alors tout de l’artisanat des tranchées mais fus séduit par sa qualité. Je m’offris donc deux exemplaires de briquets décorés chacun de deux médailles. Plus tard, j’allais découvrir en brocante deux remarquables plumiers sculptés, l’un, liégeois, évoquant directement 1914-1918, et l’autre signé en creux du prénom de son créateur, Willy », probablement un soldat allemand. D’autres bonnes fortunes m’ont permis par la suite d’acquérir quelques objets supplémentaires. Mais ce sont surtout les projets d’expositions de la Maison du Souvenir » qui allaient accentuer en moi ce goût naissant pour ce type d’artisanat dans la mesure surtout où il est représentatif des aspirations comme des craintes de ces poilus » et autres pioupious » qui, souffrant le martyre des tranchées, tentaient d’échapper à leur horreur en bricolant » jusque dans leur cagna, en attendant un assaut ou quand la pluie d’obus et de bombes se faisait moins intense. Je me suis alors mis vraiment en recherche active et suis arrivé, en quelques mois, à réunir une assez grande quantité d’objets très variés en vue de les exposer en 2008 à la Maison ». Il est cependant indispensable d’apporter de multiples précisions afin que chaque visiteur puisse, à son tour, découvrir toute la richesse de ces objets et la motivation qui animait leurs habiles créateurs. Telle est la raison, la justification de ces pages. Toussaint PIROTTE Les origines de l’artisanat des tranchées. Il existe, dans nos régions comme ailleurs, de multiples traces historiques de sièges de villes Maastricht, par exemple et même, dans un passé fort ancien parfois, de réquisitions de civils en vue de creuser des tranchées et réaliser des fortifications dans nos campagnes. Cependant, c’est au cours de la première guerre mondiale que le concept même de guerre de position va acquérir sa pleine signification. Or, l’artisanat pratiqué par des militaires en attente de combats a été pratiqué bien avant et notamment au cours de la guerre des Boers, à la fin du XIXe siècle. Toutes les réalisations anciennes, produites par des soldats, sont aujourd’hui regroupées sous la dénomination générique d’artisanat des tranchées ou trench art. Elles comprennent également les œuvres de soldats prisonniers de guerre. Cette activité artisanale a aussi été pratiquée pendant la guerre 1940-1945 sur divers fronts mais aussi pendant la guerre de Corée ou celle du Vietnam. La Maison du Souvenir » expose par ailleurs de nombreuses réalisations de nos prisonniers de guerre de 1940-45 ou encore des prisonniers russes contraints, au cours du second conflit, à travailler dans nos charbonnages. Nous avons cependant limité nos recherches aux seuls objets de 14-18 et au seul front de l’ouest avec une préférence pour les pièces – rares – réalisées à l’Yser. C’est, faut-il le dire, la France et la Grande-Bretagne et, dans une moindre mesure les Etats-Unis, qui recèlent le plus d’exemplaires intéressants. Enfin, il faut souligner que certains types d’objets étaient déjà réalisés au Maroc, dans les années 1910, notamment lors des émeutes de Fez. Au vu de la décoration notamment de nombreux coupe-papier, nous sommes tentés de croire que cette activité a partiellement été importée en Europe par des troupes coloniales mais a connu son plein développement en France et en Belgique dès l’hiver 1914-1915. La forme de la lame de ces coupe-papier est d’inspiration nord-africaine. Mais pourquoi donc cet artisanat ? La réponse, ici, me paraît évidente il s’agissait principalement de s’occuper l’esprit, car si les soldats de l’été 1914 sont souvent partis la fleur au fusil », très vite ce conflit s’est transformé en guerre de position. Il fallait finalement se faire face et creuser des tranchées pour conserver le terrain conquis. Bien sûr – et particulièrement au cours des deux premières années, en France – il y avait de nombreuses attaques meurtrières commandées par des généraux des deux camps peu soucieux des sacrifices humains. Bien sûr, surtout là où les positions étaient renforcées par de sérieuses fortifications Liège, Namur, Anvers, Verdun,…, le front connut d’atroces journées où les obus pleuvaient ! Mais, en dehors de ces périodes, mieux valait de ne pas trop penser au lendemain. Il fallait donc se vider l’esprit en occupant les mains. Il fallait, aussi, préserver son individualité et laisser une trace ! Enfin faut-il dire que l’acte de créer est aussi une manière de lutter contre l’angoisse et la quasi certitude de la mort ! Des troupes remontent aux tranchées après quelques jours de repos à l’arrière. Sans doute de nombreux soldats furent-ils initiés par des artisans marocains ou algériens passés maîtres dans l’art de travailler le cuivre en le martelant et en le ciselant. Mais il faut se souvenir aussi qu’à l’époque il y avait un très grand nombre d’ouvriers et d’artisans. Et même les paysans 40 % des effectifs étaient volontiers bricoleurs ; certains, par exemple, dans nos régions, forgeaient des clous pendant les mois d’hiver. Beaucoup de nos soldats pouvaient ainsi se montrer manuellement fort habiles et c’est la raison pour laquelle il arriva fréquemment que l’artisanat des tranchées atteignit le niveau de l’art. D’autre part, comme nous l’avons dit déjà, chacun avait tendance à affirmer sa personnalité et donc à faire preuve d’originalité d’où une variété toujours plus grande dans la production. Enfin, il faut dire que, pour ceux qui étaient inhabiles, un commerce » parfois intense s’installa et l’on vit se créer, dans les cantonnements, de véritables ateliers où s’activaient de nombreux soldats temporairement désoeuvrés. Les matériaux. Il s’agit pratiquement toujours de matériaux de récupération prélevés sur le champ de bataille. Il y a bien quelques réalisations en bois mais elles sont rares. Dans la plupart des cas, on crée un objet au départ du métal soit des douilles de tous calibres et principalement des douilles d’obus Le chausse-pied du papa Merx fut fait d’une douille. On tente également de récolter de l’aluminium pour la fabrication de bagues et des morceaux de bakélite, une résine synthétique inventée par le chimiste belge, Leo Baekeland Gand, 1863 – Beacon, Etat de New-York, 1944, naturalisé américain, une invention qui allait lui valoir une fortune considérable. Les formes de l’artisanat. Il en est de très simples, évidentes, comme ces vases faits d’une douille d’obus parfois à peine décorée. Ce sont les pièces les plus nombreuses et donc les plus faciles à trouver. Le problème, c’est que ces pièces, lourdes et le plus souvent à l’étranger, entraînent des frais d’expédition … qui peuvent atteindre voire dépasser le coût de l’objet lui-même ! Une exceptionnelle collection anglaise de vases et autres objets réalisés au départ de douilles d’obus. Certaines de ces réalisations portent le nom de l’endroit du front où elles ont été produites pour la Belgique, le plus fréquemment Yser, Dixmude ou Ypres. Certaines douilles sont seulement légèrement ciselées ou découpées dans le haut mais il arrive aussi que la décoration s’inspire fortement de l’art nouveau et donne alors de très belles œuvres. Douille assez simplement décorée, avec évocation non précise du lieu. L’insigne de régiment soudé à la base évoque l’artillerie. Ce sont en effet surtout des artilleurs qui ont fabriqué ces vases que seuls – ou presque – ils pouvaient transporter sans problème grâce à leur charroi. Ici, une forte influence de l’art déco, les motifs décoratifs étant le plus souvent des fleurs ou des oiseaux. De même. Deux petites douilles. La première porte également un insigne de régiment et a un bord légèrement travaillé ; la seconde porte quatre frises. Les mêmes douilles peuvent être assez simplement transformées en objets utilitaires comme ce pot à tabac[1] exposition. Mais, le plus souvent, on décore la réalisation en soudant par exemple le blason de la ville la plus proche. Ici, Verdun. Mais la recherche de l’utilitaire peut s’avérer beaucoup plus pointue » comme ce moulin à poivre ou à café Moins utilitaire certes – sauf au mess des officiers ! – ce gong D’autres types d’obus sont transformés aisément en cendriers A la fois cendrier et bougeoir Fumer, on l’a compris, était l’un des principaux passe-temps » des poilus. Et là, dans la fabrication de briquets, la créativité va s’en donner à cœur joie Briquet de table réalisé au départ d’un petit obus 7,5 cm de haut et 2,3 cm de diamètre Très beaux exemplaires de briquets en forme de livre. Un artisanat fort recherché par les collectionneurs. D’autres briquets. Mais, la vie dans l’humidité des tranchées rend la conservation et l’usage des allumettes hypothétique. On fabrique donc des étuis notamment décorés d’un trophée ici, une boucle de ceinturon allemand portant le Gott mit uns ». La tabatière a aussi son succès de même que la boîte pour tabac à priser. L’objet suivant ne relève pas à proprement parler de l’artisanat des tranchées. Il s’agit en fait d’une tabatière qui, garnie de bonbons, a été offerte par la reine Mary à tous les soldats anglais du front de l’ouest et de Russie. Cette boîte abritait soit le tabac, soit l’argent, soit encore des lettres reçues. Toujours dans le cadre des objets utilitaires, on crée, par exemple, cette palette pour la farine, le café, le thé,… Purement décoratif, en revanche, ce faux réveil Autre domaine où l’artisan va faire preuve d’une créativité exceptionnelle c’est ce qui tourne autour de l’expédition et de la réception de lettres. Ainsi de ces encriers parfois d’une facture exceptionnelle Encrier réalisé par des artilleurs français. La partie frontale est décorée d’un insigne de casque Adrian de l’artillerie. Elle compte trois supports pour porte-plume et coupe-papier. Plus beau encore et nettement plus rare, cet encrier double deux pointes de fusée avec un plateau gravé Yser 1918 » ainsi que deux poignées faites chacune de deux balles soudées par le culot et un cadre abritant soit une photo soit, comme ici, une carte postale évocatrice de pays alliés. Les porte-plume et porte-crayon ont aussi la faveur des poilus. Ils sont généralement réalisés au départ de deux cartouches de Mauser ou de Lebel. Le porte-plume du dessus comporte deux douilles soudées avec une plume d’un côté et, de l’autre une feuille de cuivre évoquant une petite plume d’oie, gravée Souvenir 1914-15-16-17 ». Le second, réalisé à peu près de la même manière comporte deux cartouches dont les balles, dégagées de leur douille et retournées, présentent d’un côté un crayon, et de l’autre une plume très fine. Mais ce sont les coupe-papier qu’aujourd’hui encore on trouve le plus facilement D’inspiration parfois nettement nord-africaine, on constatera que beaucoup de ces coupe-papier adoptent la forme du yatagan comme il arrive assez communément que la poignée se termine par un croissant. Toutes ces réalisations se font au départ de ceintures d’obus. Après leur sortie de l’âme du canon, ces ceintures présentent des rayures profondes dont l’écartement varie en fonction du calibre. Récoltées sur le champ de bataille, il faudra d’abord et à grand-peine les dégager du logement dans lequel elles sont enchâssées. Ce sera alors par martelage d’une partie que l’on obtiendra la lame, ces opérations se réalisant le plus souvent sur le culot de l’obus servant alors d’enclume. D’autres réalisations, plus rares, présentent une lame découpée dans le corps d’une douille, façonnée et insérée dans une balle ou dans un manche en bois. La première de ces lames évoque un kriss. On y a soudé un insigne de régiment anglais Northumberland fusiliers. La seconde, absolument remarquable, gravée Ypres » est insérée dans une cartouche elle-même complétée par de plus petits projectiles et un insigne de régiment. Autre lame montée sur une cartouche de Mauser. Il arrive aussi qu’un artisan ramasse un morceau de shrapnel et y monte l’une de ces terribles flèches que les avions allemands lançaient au-dessus des fantassins et qui causaient de nombreux morts. Tout ce matériel lié à la correspondance est complété par des plumiers le plus souvent réalisés en bois. Le premier que nous présentons est gravé. Souvenir 1914 » et porte les initiales C et W. Sur l’un des longs flancs, on distingue Liège. 1915 et 1916 » La seconde pièce de ce genre est superbement gravée et porte, à l’intérieur du couvercle. Le prénom Willy ». Probablement ici, une réalisation allemande. Le poilu, dans sa tranchée, pense bien évidemment à sa famille. Il réalise alors des jouets, toujours au départ de matériaux récupérés. Ici, un superbe biplan. Le fuselage est fait d’une grosse cartouche .303. Les roues sont également des bases de .303. Un autre magnifique exemplaire. L’un des premiers tanks. Ces pièces fabriquées en bois ou en métal abritent souvent une … tirelire. Tank-encrier. Il arrive aussi à nos soldats de manifester, à travers leurs réalisations, tout le spleen » qui les gagne, éloignés de leurs jeunes enfants. Ainsi de ce berceau tout en laiton. L’épouse, la fiancée ne sont évidemment pas oubliées. Bracelet réalisé par un Tommie avec dix pièces de 3 pences. Bracelet en argent décoré de quatre pièces d’un demi-mark en argent également. Mouchoir brodé. Mais est-ce un poilu qui s’est fait petite main ou bien la réalisation vient-elle de l’arrière. Nous ne le saurons sans doute jamais mais ce qui est certain, c’est que l’engouement pour ces souvenirs a aussi mobilisé » des commerçants en définitive fort peu scrupuleux ! Magnifique bracelet réalisé avec la base d’un obus et bagues d’aluminium rehaussées de décors variés. Trois de ces bagues avec, de gauche à droite, en décor, une croix de Lorraine, une couronne anglaise et une croix de guerre. Pour la réalisation de bagues, il faut se mettre à la recherche de pièces d’aluminium, les fondre puis couler le métal en tube creux dans un moule de tôle ou de terre, ensuite scier le tube en rondelles, les amincir avec une mauvaise lime puis ciseler avec adresse et patience les initiales de l’aimée ou encore ajuster au chaton un décor qui sera par exemple, suivant le camp, une croix de Lorraine ou la croix allemande. L’idée première ayant conduit à la réalisation des bagues vient d’une constatation le canal de mise à feu des obus a, à peu près le diamètre d’un doigt, notamment la fusée allemande de 77 qui se rapproche le plus des dimensions d’un doigt de femme. Mais l’esprit d’observation du poilu va bientôt le conduire au coulage … en se servant du fourreau de la baïonnette du fusil Lebel. Sa forme conique permet d’obtenir toute une série de gabarits. On utilise aussi un vieux tube de bicyclette en y introduisant, comme noyau, un morceau de bois parfaitement cylindrique. Pour la fusion du métal, on utilise généralement une cervelière », sorte de calotte d’acier que les soldats portaient sous le képi avant l’introduction du casque Adrian. Afin d’obtenir un métal dépouillé de scories, on pratique la technique industrielle du perchage » qui consiste à mélanger longuement au moyen d’une branche de bois vert. Démoulé, le métal est alors découpé en rondelles plus ou moins épaisses et le travail de polissage peut commencer. Il restera alors à graver des initiales sur le chaton ou encore, fort souvent d’y souder un petit emblème probablement réalisé en séries par des boutiques » spécialisées. Le bijou terminé sera passé à la toile émeri au grain de plus en plus fin. Il ne restera plus qu’à polir énergiquement avec un morceau de bois tendre ou … sur le cuir du ceinturon. Parfois, on installe le petit atelier dans les ruines d’une maison bombardée. Il s’était ainsi créé de véritables ateliers de fabrication où toutes les compétences rencontrées à proximité s’étaient réunies, associées. Chacun exécutait alors une partie du travail fondeur, mouleur, scieur, découpeur, ébaucheur, finisseur, ciseleur et graveur. Et c’était dans ces boutiques que se rendaient ceux dont les doigts s’avéraient trop malhabiles. Il ne fait aucun doute que l’artisanat des tranchées a débouché sur un véritable commerce. Le poilu réalise également de nombreux cadres, tantôt en bois, tantôt en métal. Ici, un cadre métallique pour une peinture évoquant l’aide notamment alimentaire apportée par les Etats-Unis. Plusieurs bateaux comme celui-ci HMS Empress of Britain » furent convertis en transports de troupes dès mars 1915. Encore une belle réalisation. Enfin, les sentiments souvent profondément religieux amènent nos artisans à réaliser des crucifix Crucifix. Signalons enfin que ce qui précède ne constitue qu’un éventail d’objets, les montrant dans toute leur variété. Boîte à gants ou à mouchoirs en métal argenté repoussé sur cinq faces. Coquetier réalisé au départ d’une pointe de fusée. Cinq godets à Schnaps. La plus belle et la plus rare des pièces présentées à la Maison du Souvenir » un taxi de la Marne réalisé principalement avec des tabatières ciselées trente centimètres de long. Le capot se soulève pour offrir un espace de rangement et le toit s’ouvre sur cinq logettes destinées à recevoir soit des bijoux, soit des fards. Un véritable travail d’orfèvre ! Un taxi de la Marne ». [1] Les poilus, souvent grands fumeurs, éprouvaient évidemment le besoin de mettre leur tabac à l’abri de l’humidité.

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